Rigidité cadavérique (3/10) : un seau d’eau froide pour se calmer en voyant la médiocrité des études animales

Rigor mortisSuite au billet du 19 août 2019 "Quatre croyances erronées qui font obstacle à des recherches plus fiables", j'ai proposé d'analyser ce livre de Richard Harris, journaliste scientifique qui vit à Washington. Ce livre revient sur des histoires connues, en ajoutant la touche du journaliste d'investigation qui raconte les coulisses de certaines publications.

Le chapitre 3 commente des situations, des exemples pour expliquer la difficulté de conduire des expériences de biologie.

Ce chapitre est consacré aux recherches dans le domaine de la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), maladie dégénérative pour laquelle il n’existe pas de traitement médicamenteux.

R Harris nous raconte les histoires permettant de mieux comprendre la publication de Steve Perrin dans Nature en 2014. S Perrin a pris la direction du laboratoire ALS TDI (Amyotrophic Lateral Sclerosis — Therapy Development Institute) à Cambridge (USA) après les décès de Scott, 39 ans, suite à une SLA.

La publication de Nature est simple : il existe neufs articles ayant testé des molécules chez la souris SLA et montré des survies augmentées de 10 à 30 %…  Fantastique ! Aucune des 9 molécules n’a été efficace chez l’homme…   Donc S Perrin a refait les 9 expérimentations chez Perrin la souris SLA…  et aucune n’a montré une amélioration de la survie… voire des aggravations. R Harris nous explique que S Perrin a utilisé des méthodes strictes avec 32 souris par groupe, etc…  alors que dans les fameuses publications originales, il y avait parfois 4 souris dans certains groupes. J'utilise parfois l'image ci-contre, reprise de l'article de Nature, comparant les résultats publiés pour neuf molécules (en bleu vert avec des survies augmentées de 10 à 30 %) avec les résultats observés par S Perrin dans son labbo (en noir, avec même des aggravations dans certains cas !).

R Harris nous raconte les dessous de ces histoires…  chacune des 9 molécules ont été testées chez l'homme sans succès…   des millions de dollars gaspillés ! Dans le labo de Scott puis Perrin, chaque molécule évaluée correctement a coûté plus de 100 000 $ et environ neuf mois… alors que les études académiques initiales avaient été vite faites à bas coût.

Dans le domaine de la dystrohie musculaire, il explique que la taille des échantillons d'animaux est calculée en fonction du budget disponible, et que les groupes contrôles peuvent être supprimés. Ces études sont appelées pilotes..  Tout ceci dépend de financements divers, dont ceux de familles, de patients, de médecins, d'hôpitaux qui poussent pour aller vite. Il cite un cas d'un développement arrêté car aucun résultat n'étant probant, mais repris par d'autres…  D"autres histoires dans ce chapitre. 

Les 10 chapitres ont pour titre :

  1. La bombe de Begley (billet du 6 septembre 2019)
  2. C’est dur, même dans les bons jours (billet du 13 septembre 2019)
  3. Un seau d’eau froide (billet du 20 septembre 2019)
  4. Trompé par des souris (billet du 27 septembre 2019)
  5. Croire l’incroyable (billet du 4 octobre 2019)
  6. Sauter aux conclusions (billet du 11 octobre 2019)
  7. Montrez vos données (billet du 18 octobre 2019)
  8. Une culture cassée (billet du 28 octobre 2019)
  9. Le challenge de la médecine de précision (billet du 8 novembre 2019)
  10. La recherche sur la recherche (billet du 15 novembre 2019)

 

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