COVID-19 : les biais de convenance sociale cachent des déviances au niveau de la diffusion des recherches

Nous lisons tout sur le Coronavirus, et c'est très difficile de sélectionner les informations validées, d'autant plus qu'elles sont rares. BrunissardRestons prudents et ne passons pas notre temps à dire que rien n'est bien fait… surtout gardons confiance en nos décideurs.Ils ne cachent rien.. arrêtons les fausses polémiques.

Je suis confiné dans les Alpes, à 1800 mètres… avec la neige !

Pour les revues, la transparence et l'intégrité sont ignorées par ces biais de convenance sociale :

  • le peer review ouvert devrait être utilisé pour toutes ces publications : est-il acceptable pour les publications controversées que les revues restent opaques ? Les avis des relecteurs / reviewers devraient être publiés. Quels sont les experts qui ont relu les articles controversés, et qu'ont-ils recommandés ? Est-ce que les auteurs ont modifié leur manuscrit ? Des revues vertueuses, le BMJ et bien d'autres, pratiquent un peer review ouvert. Ouvrons le peer-review !
  • des exemples d'avis de lecture sont en accès libre sur le net ; celui-ci est clair : des statisticiens anglais, avec aussi la liste d'items CONSORT ; la base de l'analyse de la littérature ;
  • l'Open Data, l'Open source et tous ces mouvements sur la transparence et l'ouverture des données sources sont ignorés quand il s'agit de publications controversées ; l'accès aux données sources éviterait de conflits inutiles, et tout serait plus simple ! Ceux qui dans séminaires et colloques demandent l'ouverture des données devraient profiter de ce moment de communication pour exprimer fortement leurs souhaits ?
  • des revues ont parfois exigé une analyse des données indépendante par un méthodologiste/statisticien n'ayant pas participé aux recherches.
  • des institutions, les Académies recommandent de ne pas utiliser des indicateurs basés sur le volume des publications pour évaluer la qualité des chercheurs. Personne n'écoute ! Des journalistes qui se disent scientifiques ne savent pas utiliser ces indicateurs. Ils jugent la qualité des chercheurs au volume plutôt qu'à la qualité de leurs publications !
  • les rédacteurs du JAMA ont publié un éditorial inquiétant pour l'analyse future des données : non seulement ils reçoivent beaucoup d'articles, mais ils ont constaté que des mêmes malades étaient inclus dans plusieurs publications, sans que ce soit clair. Ils ont aussi remarqué des auteurs communs à ces publications. Tout ceci ne respecte pas les standards éthiques de la publication. Nous verrons bientôt des revues systématiques comptant trois malades ou plus alors qu'un seul malade a réellement existé ! Leur court éditorial est au vitriol contre les pratiques des auteurs pendant cette épidémie : "Editorial Concern—Possible Reporting of the Same Patients With COVID-19 in Different Reports." Cet édito est commenté sur RetractionWatch.

Les revues déconnent, car prises par la compétition entre elles, par la pratique de certains auteurs qui, même en cas de crise, ne voient que les SIGAPS et autres index de notoriété. Les vrais soignants, au lit des malades, sont, à juste titre, scandalisés par ces chercheurs dont l'ego passe avant la transparence et l'intégrité des données.

Tout devrait changer après cette crise. La proposition de Pierre Rimbaud dans un commentaire est intéressante : un label 'Edition scientifique', une appellation contrôlée, type AOC, pour les revues. Des hollandais ont réfléchi à un modèle de ce type.

Le 31 janvier 2020, dans Les Echos, un article nous disait qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Il y avait même un intertitre "Moins de morts que la trotinette". Cet intertitre Jesus de Marseille caractérisait les épidémies en général, et pas le COVID-19. J'aurais pu dire la même chose, car prédire l'avenir est impossible.. restons pragmatiques et conservons les bonnes méthodologies pour travailler. Je souhaite profondément que le médicament miracle existe.. dans le respect de tous et surtout de l'intégrité de la recherche.

Voici mes billets sur le COVID-19.

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6 commentaires

  • Bonjour,
    le blog de JY Nau apporte des informations de confiance, et le commentaire de Gordon Doig est raisonnable.
    Dans mon billet, je cite ci-dessus un avis de statisticiens anglais qui critique la publication de DR.
    Cordialement

    Répondre
  • Merci de votre réponse raisonnable. Je poste derechef sur la page ad-hoc cet extrait de votre réponse (« …le commentaire de Gordon Doig est raisonnable.Dans mon billet, je cite ci-dessus un avis de statisticiens anglais qui critique la publication de DR. »)
    Cordialement.

    Répondre
  • Je voudrais apporter une précision à l’allusion que fait Hervé Maisonneuve à propos de ma suggestion de certifier les revues scientifiques.
    Il ne s’agit pass de classer les revues en « bonnes » et mauvaises », pour la raison que les mauvaises revues n’ont simplement aucun droit de cité et ne devraient même pas être considérées. Cependant, ni le « citation index », ni la notoriété, ni l’exclusivité de données probantes ne sont réellement des critères de qualité.
    Ce qui compte pour l’usager est d’abord de savoir à quel type d’exigences et de positionnement éditorial on a affaire. Parmi les vins, il existe des grands crus qu’on estime sur des critères qui leur sont propres, les second crus qui ont les leurs, et les vins de pays qui peuvent être très bons dans leur catégorie.
    De même, il existe de bonnes publications qui concourent dans des catégories différentes et qui apportent à leur lecteur des niveaux d’information non comparables. Il n’y a pas de raison de se priver de revues générales non systématiques, d’opinions d’experts, de séries de cas, de leçons pédagogiques sans prétention, d’études préliminaires. Il faut seulement qu’elles soient toutes explicitement étiquetées. Le pire est de tromper le lectorat en tentant d’usurper un statut auquel on ne peut prétendre.
    Qui pourrait « faire le ménage » parmi les innombrables éditions ? Il faut en confier la mission à des organismes certificateurs d’intérêt public, comme il en existe dans tous les domaines industriels et commerciaux, seuls agréés à conférer et à contrôler des labels, comme le fait par exemple en Europe le service des Appellations d’Origine, ou dans le monde le système ISO. Répétons-le : il ne s’agit pas de trier le bon grain de l’ivraie, mais simplement de distinguer des niveaux d’information scientifique sur des critères objectifs.

    Répondre

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