Une force invisible qui influence les systèmes et politiques de santé : le conflit d’intérêts

Un groupe d’auteurs d’origines diverses (Londres, Kampala, New Dheli, Karachi et Genève) a publié un commentaire (en fait une alerte) en août 2021 dans The Lancet Global Health. Le titre de ce billet est la traduction du titre original de ce commentaire. Nous sommes tous assez naïfs quand il s’agit d’évoquer les liens d’intérêts, qui peuvent dans certains cas créer des conflits. Nos avons pour habitude de commenter les liens d’intérêts des auteurs dans les articles..  mais ce ne serait qu’une partie émergée de l’iceberg ! Les réflexions de cet article viennent d’observations et de questionnements : pourquoi des évidences et preuves en santé publique n’influencent pas toujours les décisions politiques ? Je vous passe les définitions et discussions de cet article pour ne reprendre et traduire qu’un tableau résumant 3 types de conflits d’intérêts qui influencent des systèmes politiques faibles….

En bref, les pots-de-vin compensent les rémunérations des fonctionnaires qui n’ont pas intérêt de trop réguler un marché privé qui les fait vivre. Impossible de s’en sortir ?

Intérêt opposé Exemple
Les décideurs ou les régulateurs sont censés formuler et mettre en œuvre des politiques qui garantissent une prestation de soins appropriés par les prestataires de soins de santé privés. Une relation secondaire qui se traduit par un lien financier, social ou familial avec les institutions qu’ils sont chargés de réglementer, de sorte que l’acteur politique ou le régulateur peut préférer des contrôles plus faibles. Affaiblissement des politiques : la formulation des politiques est influencée de telle sorte que des règles plus faibles sont introduites. Ou bien, les organismes chargés de la mise en œuvre des politiques (par exemple, les agences d’inspection des médicaments) manquent de ressources pour faire respecter les règles.
Les prestataires de soins de santé officiels ont la responsabilité de fournir et de soutenir la dispensation de soins de santé conformément aux réglementations locales et aux normes d’éthique professionnelle. Les flux financiers provenant de prestataires ou de pratiques officieuses (illégales) créent des sources de revenus supplémentaires pour les prestataires officiels. Opposition déguisée au changement : les prestataires officiels soutiennent publiquement une réglementation plus stricte de la pratique non officielle, mais influencent secrètement le processus d’élaboration des politiques pour lui permettre de continuer et de prospérer.
Les décisions politiques doivent refléter les preuves et les meilleures pratiques en matière de santé publique. Les décideurs politiques ne veulent pas introduire ou appliquer des règles visant à restreindre le secteur privé, car ils savent qu’elles seront impopulaires auprès de larges segments de la population et qu’elles pourraient potentiellement révéler des lacunes dans les rôles du secteur public. Impasse réglementaire : les réglementations plus strictes visant à limiter les activités inappropriées du secteur privé, qui sont judicieuses du point de vue de la santé publique, sont évitées car elles pourraient coûter aux décideurs politiques leur popularité et l’avancement de leur carrière personnelle.
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2 commentaires

  • Cher ami, juste une remarque, il faut un « s » à la fin d’intérêt dans conflit d’intérêts car je suis absolument certain que tu sais que cela veux dire conflit entre au moins deux intérêts et non pas comme le pensent certains, voire beaucoup, un conflit suscitant l’intérêt ce qui les incitent à utiliser l’expression euphémistique ‘liens d’intérêt » qui dénature le propos

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