Les articles d’essais dits ‘positifs’ sont cités trois fois plus que les ‘négatifs’ ; de même pour les essais influençant la pratique clinique !

Rien de neuf, mais des données supplémentaires pour étayer cette affirmation. Il s’agit d’une lettre de 4 pages du JAMA Network Open du 30 juin 2022, à partir d’essais cliniques randomisés dans le domaine du cancer. Comme d’habitude, les essais dits ‘positifs’ sont ceux dont le groupe recevant le traitement expérimental a une meilleure activité, statistiquement significative, sur le critère de jugement principal. Les essais inclus étaient les essais de phase 3 du SWOG Cancer Research Network depuis 1980. Les auteurs ont inclus la notion d’essai ‘practice-influential‘. Il s’agit d’essais supportant des recommandations de pratique clinique du National Comprehensive Cancer Network ou une indication de la FDA.

Ils ont inclu 164 essais randomisés publiés entre 1986 et 2013 (116 449 patients inclus). Il y avait 25 essais dans le cancer du sein, 23 pour le poumon ; 33 % étaient des essais d’adjuvants, et la plupart (160) concernaient une intervention avecune thérapie systémique. Les citations ont été extraites de Google Scholar jusqu’à 2021. Les essais ont été publiés 8 ans avant cette analyse.

Ils confirment une notion admise à partir des 60 essais dits ‘positifs’ et des 104 ‘négatifs’ : la moyenne annuelle (déviation standard) des citations était de 66.0 (76.0) pour les essais ‘positifs’ et de 23.5 (24.6) pour les ‘négatifs’.

Ils ont analysé les 76 essais ayant influencé la pratique : 64 supportaient les recommandations, 6 supportaient les autorisations FDA, et 6 supportaient les deux. Ils ont montré que les essais influençant la pratique étaient cités 65.5 (67.8) fois versus 16.2 (17.7) fois pour ceux sans influence.

Tout ceci confirme une fois de plus l’intérêt de publier les études dites ‘négatives’.

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2 commentaires

  • Je reviens (tardivement) sur cette vieille question.
    Il me parait normal de ne pas citer les travaux « stériles », dont la méthodologie inadéquate ou la puissance insuffisante ne permet pas d’apporter une réponse à la question posée.
    Si l’on ne retient que les études véritablement « négatives », c’est à dire dont le résultat est analysable, le ratio n’est sans doute pas 3/1. Le problème est que les travaux stériles ne sont pas répertoriés comme tels, ce qui est une grave défaillance de la bibliométrie.

    D’autre part, le concept de « résultat négatif » est fallacieux dans la mesure où le principe même de la statistique des essais contrôlés est qu’un résultat « significatif » consiste à infirmer l’hypothèse nulle : ce qui est un résultat négatif (avec seulement 4 chances sur 5 de ne pas se tromper).
    En fait, tout résultat scientifique fiable est la négation d’une conjecture, comme l’ont fort bien théorisé Popper, ses épigones… et nombre de prédécesseurs. Les résultats dits « positifs » ne sont jamais que des arguments inductifs qui confortent la crédibilité d’une conjecture en rendant sa fausseté plus improbable. Mais aucun ne peut garantir la moindre « vérité ».
    Là encore, la bibliométrie est conduite sur des prémisses bien fragiles.

    Répondre
  • Merci pour vos commentaires. A la base, ce jargon d’études positives et négatives n’est pas bon. Les compréhensions varient. Pour certains étude négative sous-entend étude nulle ou mal faite ! L’étude non concluante est souvent très informative et devrait être citée autant que les autres études. Nous sommes encore loin d’une situation satisfaisante.
    Cela va de pair avec les choix des citations qui sont faits sans réelle méthode par les auteurs : ils citent ce qu’ils ont en tête, leurs amis et ce qui correspond à leurs opinions.
    Nous manquons de recherche sur ces deux points !
    C’est déprimant !

    Répondre

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