C’est un billet de RW du 17 février 2025 qui nous informe des rétractations 2024 de Springer Nature. Il fallait trouver cette information. BRAVO pour la transparence chez Springer Nature… attendons les autres éditeurs, car rétracter est un indicateur vertueux d’un éditeur.
2 923 rétractations en 2024 pour un seul éditeur : tout monte ! Mais encore trop peu…
En pratique, ces données sur le site de Springer Nature sont utiles ; cela semble être la première fois qu’un groupe
communique ainsi en début d’année. En 2024, le groupe a publié 482 000 articles pour 2,3 millions de soumissions. Le taux d’acceptation moyen des articles des revues de ce groupe est d’environ 21 % pour 3 000 revues. C’est sélectif, quand on sait que dans le groupe MDPI, le taux est probablement de 100 % (grâce au cascading).
Sur le site, il y a ‘In 2024, 2923 retractions took place of historical and recently published research. 61.5% (1797 articles) of retractions were for papers published before January 2023 as part of our commitment to cleaning up the academic record. 38.5% (1126) of retractions were for articles published after January 2023. Less than half (41%) of the retractions for content published after January 2023, were for OA articles.’
Doit-on comprendre que les décisions de rétractations sont de plus en plus rapides ? Avec près de 40 % de rétractations d’articles de 2023 et 2024, c’est un bon indicateur du travail du groupe intégrité de Springer Nature. Bien sûr, ce chiffre paraît bas pour certains… mais souvent les alertes proviennent très tard après la publication.
Rétractation : dur pour un journal, mais très vertueux comme exercice
D’après RW, il y a eu 335 rétractations pour le journal Soft Computing, plus de 200 pour le journal Optical and Quantum Electronics, 140 rétractations pour un journal Environmental Science and Pollution Research (ESPR) et 34 pour Applied nanoscience qui publie des numéros spéciaux ! C’est souvent le logiciel Problematic Paper Screener qui aide à la détection d’articles écrits avec l’IA.
Le journal ESPR, évoqué dans un billet du 25 août 2024, est un bon journal avec un rédacteur en chef de Bordeaux, Philippe Garrigues. Il a publié le 10 février 2025 un éditorial sur cette expérience et la rédaction en a tiré des leçons. C’est l’ouverture d’une section ‘Green Economy‘
avec probablement des rédacteurs véreux qui a causé des troubles conduisant à des enquêtes du rédacteur en chef et du groupe intégrité de Springer. Je cite des phrases de l’édito :
- Cases of papers with issues including inappropriate or irrelevant references, nonstandard phrases, not being in scope of the journal, and peer review manipulation were identified.
- By the end of December 2024, we had retracted 243 papers, with nearly 90% of these papers dealing with green economy and the remaining 10% dealing with image manipulations (mostly histology images, material characterization spectra).
- We have concluded that the topic “green economy” has proven to be a highly risky topic and an area of focus for paper mills and citation cartels. As a result, green economy will no longer be covered by the journal ESPR starting January 2025.
Combien d’articles retirés de la littérature avaient plus de 10 ans (publiés avant 2014) ? Ce serait intéressant de voir, car devant la montée des rétractations, il faudra bien un jour mettre une limite d’ancienneté des articles… pour diverses raisons. Nous ne sommes pas tous d’accord.. Vos avis ?
Je remercie Sandrine Charles




Un commentaire
Je me permets de copier l’email de Ph Garrigues, auteur de l’éditorial mentionné dans mon billet ci-dessus, et que je remercie :
Bonjour,
Merci de votre message.
Le journal ESPR a été la cible d’auteurs peu scrupuleux et aussi d’éditeurs complices qui ont été exclus du comité des éditeurs. Le journal continue sur des bases éditoriales qui ont été assainies.
Cela nous a couté la perte d’indexation provisoire des articles publiés dans le journal auprès d’une (seule) agence d’indexation à savoir CLARIVATE.
Pour répondre à une des questions mentionnées sur votre blog, les articles examinés l’ont été sur les 10 dernières années.
Mais plus de 90 % des rétractations d’articles touchent les articles liés à l’économie verte sur 6 dernières années de publication, années pendant lesquelles nous avons ouvert les colonnes du Journal à cette thématique « Green Economy » avant de la clore en janvier 2025.
Bien à vous
Dr Philippe Garrigues, ESPR EiC
CNRS Research Director
Former Chair, Institute of Molecular Sciences
University of Bordeaux, France