Le titre de ce billet est la traduction française du titre d’un article paru dans Science Advances en juillet 2022.
Voici une synthèse des informations fournies, axée sur les liens entre la surconfiance en ses connaissances et les opinions anti-consensus sur les questions scientifiques controversées.
Les attitudes du public qui s’opposent au consensus scientifique peuvent avoir des conséquences désastreuses, telles que le rejet des vaccins ou l’opposition aux politiques d’atténuation du changement climatique. Des études montrent que les
personnes ayant les niveaux d’opposition les plus élevés à l’égard du consensus scientifique ont simultanément les niveaux de connaissances objectives les plus bas mais les niveaux de connaissances subjectives les plus élevés. Cette « surconfiance en les connaissances » est un décalage entre ce que les individus savent réellement (connaissances objectives) et ce qu’ils pensent savoir (connaissances subjectives).
Le « modèle du déficit », qui attribue l’opposition au manque de connaissances du public, est souvent invoqué, mais les interventions éducatives basées sur cette approche ont montré une faible efficacité, suggérant que le problème dépasse la simple méconnaissance des faits. D’autres théories, comme la « cognition culturelle », suggèrent que les croyances sont davantage façonnées par les valeurs culturelles ou les affiliations des individus, les amenant à interpréter l’information de manière à confirmer leurs propres points de vue.
La recherche présentée ici révèle que les individus avec les vues anti-consensus les plus extrêmes sont non seulement les moins bien informés, mais aussi les plus surconfiants quant à leurs connaissances. Ce schéma a été observé sur sept questions scientifiques majeures où un consensus substantiel existe : le changement climatique, les aliments génétiquement modifiés (GM), la vaccination, l’énergie nucléaire, la médecine homéopathique, l’évolution et la théorie du Big Bang. Le même phénomène a été reproduit concernant les attitudes envers les vaccins et les mesures d’atténuation du COVID-19, comme le port du masque et la distanciation sociale. Ceux qui s’opposaient le plus aux vaccins ou aux mesures préventives du COVID-19 avaient des connaissances objectives plus faibles mais des connaissances subjectives plus élevées sur le fonctionnement du virus ou des vaccins. De plus, 28% de l’échantillon de l’étude 5 a estimé que leurs propres connaissances étaient supérieures à celles des scientifiques, affichant une opposition plus forte aux politiques d’atténuation et une moindre conformité aux comportements recommandés.
L’étude 3 a cherché à confirmer cette surconfiance en offrant aux participants la possibilité de parier sur leur capacité à obtenir une note supérieure à la moyenne à un test de connaissances objectives. Les résultats ont montré que plus l’opposition au consensus était grande, plus les participants étaient susceptibles de parier, mais moins ils étaient susceptibles de réussir le test, ce qui entraînait des gains financiers inférieurs. Cela renforce l’idée que la surconfiance est réelle et non simplement une interprétation différente des « faits alternatifs ».
Cependant, les relations documentées étaient plus faibles pour les questions plus polarisées politiquement, en particulier le changement climatique. Pour ces sujets, l’influence des connaissances individuelles sur les attitudes semble réduite au profit de l’influence communautaire. Les données sont corrélatives et ne peuvent donc pas établir de causalité directe.
Ces découvertes ont des implications importantes pour les communicateurs scientifiques et les décideurs politiques. Les interventions éducatives basées uniquement sur les faits sont susceptibles d’être inefficaces pour les personnes les plus opposées, car elles se croient déjà bien informées. Au lieu de cela, des stratégies alternatives pourraient être envisagées :
- Changer les perceptions de leurs propres connaissances : Encourager les individus à tenter d’expliquer les mécanismes complexes sous-jacents aux phénomènes scientifiques, ce qui a montré une réduction des connaissances subjectives et une augmentation du respect envers les experts.
- Fournir des points de référence : Amener les gens à réaliser qu’ils en savent moins sur un sujet donné en le comparant à des domaines qu’ils maîtrisent mieux.
- Cibler les leaders d’opinion : Travailler avec des leaders influents au sein des groupes politiques, religieux ou culturels auxquels s’identifient les personnes ayant des vues anti-consensus, car la conformité aux normes sociales joue un rôle majeur dans l’adoption des comportements.
En somme, lorsque l’opposition au consensus scientifique est alimentée par une illusion de compréhension et conduit à des actions dangereuses, il est crucial pour la société de trouver des moyens efficaces de modifier les mentalités en faveur de la science.
Les personnes les plus opposées aux consensus ont les niveaux de connaissance objective les plus faibles
Voici la traduction du court résumé : Les attitudes du public qui s’opposent au consensus scientifique peuvent être désastreuses et comprennent le rejet des vaccins et l’opposition aux politiques d’atténuation du changement climatique. Cinq études examinent les relations entre l’opposition au consensus des experts sur des questions scientifiques controversées, ce que les gens savent réellement de ces questions et ce qu’ils pensent savoir. Pour sept questions essentielles qui font l’objet d’un consensus scientifique important, ainsi que pour les attitudes à l’égard des vaccins COVID-19 et des mesures d’atténuation telles que le port de masques et la distanciation sociale, les résultats indiquent que les personnes les plus opposées ont les niveaux de connaissance objective les plus faibles, mais les niveaux de connaissance subjective les plus élevés. Les implications pour les scientifiques, les décideurs politiques et les communicateurs scientifiques sont discutées.
Merci à F Locher qui a fait suivre un message de Th Fiolet qui a posté un message LinkedIn


