Déjà plus de 10 ans d’existence
Les Registered Reports (RR) ont déjà quelques années, mais une visibilité insuffisante, même si quelques collègues utilisent ce mode très vertueux de publication. Cela fait plus de 10 ans que je milite pour ce modèle, avec quelques billets sur ce thème. Une inertie est logique, car l’acceptation de publier une recherche est faite sur un protocole (IPA pour In Principle Acceptance). Ensuite les chercheurs font leurs expériences avant de soumettre un manuscrit.
Des revues du groupe Nature, comme bien d’autres ont commencé d’accepter des RR en 2020. Les instructions aux auteurs et reviewers détaillées du groupe Nature sont claires et bien faites. La publication d’un RR devrait être fortement valorisée dans les CV, car les auteurs ne sont pas tentés d’embellir les données.

Extension des RR à de nombreuses revues du groupe Nature
Nature a annoncé des directivesqui élargissent considérablement la portée de son format de publication de Registered Reports, l’ouvrant à toutes les disciplines de recherche couvertes par la revue et élargissant les types d’études éligibles à la soumission.
Auparavant, les rapports enregistrés se limitaient à la recherche confirmatoire en neurosciences cognitives ainsi qu’en sciences comportementales et sociales. Dans le cadre de cette nouvelle politique, Nature prendra désormais en compte les RR pour l’ensemble de son portefeuille, y compris des études axées sur la collecte de données à grande échelle, les comparaisons méthodologiques et d’autres formes de recherche au-delà des tests d’hypothèses traditionnels.
Cette décision fait suite à la publication du premier Registered Report achevé de Nature, une étude menée par le psychologue social William Brady qui a examiné comment les algorithmes des réseaux sociaux influencent la perception des utilisateurs lors de l’élection présidentielle américaine de 2024.
Les RRs renforcent la qualité de la recherche en permettant aux évaluateurs de contribuer à la conception de l’étude dès un stade précoce, plutôt que d’évaluer le travail seulement après l’obtention des résultats. Le format aide également à lutter contre le biais de publication en garantissant que les résultats négatifs ou non concluants soient publiés.
Nature a déclaré que cette politique élargie reflète sa conviction qu’une planification rigoureuse, des méthodes transparentes et une publication, quels que soient les résultats, peuvent améliorer la qualité de la recherche dans tous les domaines.
PS : j’ai repris quelques éléments parus dans Research Information. Pas d’IA dans ce billet



