Je remercie Innovations & Thérapeutiques en Oncologie (ITO) pour avoir sollicité et publié en accès libre un article reprenant les suggestions de notre rapport sur l’information en santé. Le titre de l’article : Gagner la guerre informationnelle : la bonne information est la meilleure arme contre la désinformation en santé. Nous avons adapté à l’oncologie certaines suggestions de notre rapport, et cité deux initiatives qui ne sont pas isolées.
Des définitions simples montrant que nous sommes tous désinformateurs
Nous avons essayé de montrer que les désinformateurs sont peu nombreux, avec de l’argent et un agenda. Par contre, nous sommes peut-être tous des mésinformateurs.

Former à l’infodémiologie est une priorité
Il existe déjà de nombreuses initiatives et il faudrait les recenser pour s’assurer que dans chaque faculté de santé, les futurs professionnels connaissent ces phénomènes. Dans l’article ITO, nous avons évoqué deux initiatives qui démarrent en fin 2026.
A la faculté de santé de l’université de Lyon, un diplôme de formation générale en sciences médicales intitulé « Zététique, esprit critique et analyse de l’information médiatique » (communication personnelle, Dr Laure Gallay). Les objectifs sont : définir la zététique et en comprendre les principes fondamentaux ; identifier les biais cognitifs influençant la perception et l’évaluation de l’information ; analyser de manière critique une information médiatique ; évaluer la fiabilité d’une source d’information ; détecter les procédés de manipulation rhétorique et argumentative ; comprendre les mécanismes de la désinformation et des théories complotistes ; adopter une posture rationnelle face à l’incertitude et au doute.
À la faculté de santé de l’université d’Angers, un département universitaire d’éducation citoyenne en santé a pour objectifs de promouvoir les droits, la prévention et la participation des citoyens en santé (communication personnelle, Pr Cédric Annweiler). La santé est un enjeu citoyen majeur. Si les universités forment historiquement les professionnels de santé, elles ont un rôle tout aussi fondamental à jouer dans la formation des citoyens eux-mêmes à la santé : comprendre, décider, agir, participer. Parmi les objectifs, il y a un programme sur la littératie en santé, en formant à la vigilance éthique et à la lutte contre les fausses informations. Il faut éduquer à la à la vérification de l’information, à la science citoyenne et à la protection contre les dérives sectaires ou désinformantes.
PS : L’image mise en avant du billet a été empruntée à la couverture du rapport de l’Académie des Technologies.




2 commentaires
Très heureux de lire à nouveau ces billets qui nous ont manqués durant ces dernières semaines !
A propos de ce dernier, je trouve bienvenue la notion de mal-information (présentation ou interprétation fallacieuse de données réelles) mais je me demande si elle est toujours malveillante ; elle n’est souvent due qu’à un manque de prudence voire de compétence. De même je me demande si « l’intention de nuire » est toujours constitutive de la mésinformation (communication de données erronées) ; elle aussi relève volontiers du « rasoir de Hanlon ».
En fait la science serait moins en danger si elle n’était compromise que par des complots obscurantistes. Ne négligeons pas qu’elle est par nature fragile, et que même les meilleurs penseurs scientifiques ont tous pu errer dans leurs déclarations ou leurs publications.
C’est certes un tout autre sujet que celui de la fraude et des manipulations, mais il faut le garder présent à l’esprit, car les malveillants l’utilisent pour discréditer la science.
Merci pour votre commentaire, et OK. J’ai été très occupé non seulement pas la mission sur l’information / la désinformation en santé, mais aussi par les procédures-baîllons pour m’empêcher de parler.