L’intégrité scientifique à l’aune du droit : excellents échanges entre chercheurs et juristes !

J’ai annoncé ce colloque en février 2019, et il a tenu ses promesses. Un groupe restreint dans un cadre majestueux de l’Université descampsParis II Panthéon-Assas a eu des échanges très riches qui ont montré que le chemin vers un système intègre sera long. Un ouvrage avec les actes des interventions est prévu… Les orateurs étaient prestigieux, ont respecté les horaires, très bien ! Quelques remarques personnelles :

  • Elisabeth Adjadj (Inserm) a présenté les bonnes pratiques de la bibliométrie comme outil de stratégie et de valorisation ; elle a expliqué toutes les dérives du facteur d’impact (IF) : « Ce n’est pas parce qu’un journal a un IF fort que les articles sont de bonne qualité, mais parce que les articles sont de bonne qualité et ont été beaucoup cités que le journal augmente son IF!!!!! »
  • René Frydman a expliqué que pour pouvoir faire une greffe d’utérus qui aurait été une première mondiale, les multiples comités ayant à donner leurs avis ont eu besoin de 4 ans…   et pendant l’année deux, des suédois ont fait la première greffe ! Notre système de sécurité, de mille-feuille d’institutions a des effets surprenants !
  • Nombreuses discussions sur les différences entre déontologie et intégrité scientifique, mais tout rapproche déontologie et référent scientifique… La déontologie codifie les devoirs des membres d’une profession, et l’intégrité définit les règles de bon exercice d’un métier.
  • Yves Fort, de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) a expliqué les 50 appels d’offres annuels pour distribuer 675 millions d’euros avec une usine à gaz d’experts pour des taux d’acceptation de 15 % au maximum ; il a surpris en expliquant que pour suivre DORA, il était demandé de ne plus utiliser les facteurs d’impact, H-index et autres indicateurs dans l’évaluation des projets…  à voir !
  • Didier Truchet a eu des messages pour la communauté des chercheurs : prenez le temps pour développer l’intégrité, mais vous n’avez plus le temps (impatience de la société et violence des réseaux sociaux) et n’en faites pas trop (toujours plus de déontologie ne signifie pas toujours mieux de déontologie, avec des exemples sur les liens d’intérêts, le patrimoine).
  • Claude Huriet a critiqué justement le système actuel avec un OFIS (Office Français de l’Intégrité Scientifique) qui n’est pas réellement indépendant.

J’ai enregistré ma communication (voir billet de demain), et animé une table ronde sur la médiation professionnelle.

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