Médecine d’urgence : 44 % des résumés d’essais randomisés contrôlés négatifs avaient des spins !

Points clés

Toujours la même chose : quand un essai foire, autant manipuler le langage pour s'en sortir. Nous avons évoqué (billet du 15 mai 2019) les spins dans les essais des maladies cardiovasculaires : 57 % des résumés de 93 essais randomisés dont le critère primaire était négatif avaient des spins ! Eh bien, la médecine d'urgence est meilleure avec 44 % seulement !

Spin : manipulation du langage dans le but d'induire le lecteur en erreur sur la véracité probable des Spinrésultats, peut distraire le lecteur et mener à une mauvaise interprétation et à une mauvaise application des résultats.

Cet article de mai 2019 dans Annals of Emergency Medicine a pour titre "Evaluation of Spin in the Abstracts of Emergency Medicine Randomized Controlled Trials" ; recherche faite par des américains. Ils ont cherché les essais randomisés contrôlés de médecine d'urgence entre 2013 et 2017 dans 5 revues (NEJM, JAMA, PLoS One, Lancet, BMJ) et les revues de la spécialité.

Les paragraphe 'Résultats' du résumé est très intéressant car il montre la prévalence des essais dits négatifs (114 / 772 = 15 %), et les motifs utilisés pour les spins :

Sur les 772 résumés examinés, 114 essais cliniques comparatifs randomisés avaient des critères d'évaluation primaires non significatifs sur le plan statistique. Un spin a été trouvé dans 50 des 114 résumés (44,3 %). Les essais financés par l'industrie étaient plus susceptibles d'avoir des spins dans le résumé (rapport de cotes non ajusté de 3,4 ; intervalle de confiance à 95 % de 1,1 à 11,9). Dans les résultats des résumés, le spin était le plus souvent du au fait que les auteurs avaient mis l'accent sur une analyse de sous-groupe statistiquement significative (n=9). Dans les conclusions des résumés, le spin était le plus souvent du au fait que les auteurs affirmaient avoir atteint un objectif qui n'était pas un critère de jugement prédéfini (n=14).

Article avec plein d'autres informations, bien écrit. Les références sont bien choisies et j'ai découvert avec étonnement un article de 1994 (référence numéro 8 sur 36 références) intitulé 'The spin doctor: Alternative model of public relations'. La référence 36 est aussi très bonne, et je ne connaissais pas, dans Nature en 2013 : 'Policy: Twenty tips for interpreting scientific claims'.

Merci à Pierre Biron

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