COVID-19 : analyse de la littérature, accès aux données sources, reproductibilité sont ignorées par les girouettes scientifiques

La littérature est mise à mal par des experts, parfois anciens ministres, voire anciens directeurs d'agences de santé. La tribune dans le Figaro du 5 avril 2020 signée par 3 experts compétents fait très peur. Ils font du tort à leurs successeurs et ne les respectent pas. Le titre de la tribune : "Chloroquine: l’appel de trois grands noms de la santé en faveur des préconisations du Pr Raoult".

Je leur suggère de lire d'urgence une bonne ressource proposée par quatre enseignantes-chercheuses du Laboratoire d’épidémiologie et analyses en santé publique, Université Toulouse III et Inserm) : "Essai clinique et traitement : quelle éthique en cas d'urgence sanitaire ?" Nous souhaitons tous qu'un traitement soit actif, quel qu'il soit.

Pendant leur carrière, ces 3 experts ont défendu :

  • l'examen des données sources des recherches, voire leur ré-analyse par un statisticien indépendant, avant toute décision d'une autorisation de mise sur le marché d'un médicament ;
  • la qualité des autorisations d'un médicament ; il faut au moins deux études pivots de méthodologie rigoureuse faites par des équipes différentes ; l'exception est le cancer où les patients et l'industrie gèrent les décisions de la FDA ; HAS Niveau de preuve
  • les critères de jugement  solides ; il faut se méfier des critères de substitution comme la charge virale alors que la technique de prélèvement n'est pas toujours fiable…  et qu'il n'y a pas de lien démontré entre ce critère et un critère comme la mortalité, l'oxygénothérapie, la pneumonie, l'hospitalisation, etc… ;
  • les études de qualité car les études ouvertes apportent des hypothèses, et jamais des preuves ;
  • l'histoire naturelle d'une maladie qui doit être connue avant de proposer une stratégie… si dans le cancer la mortalité est élevée, dans la COVID-19, elle n'est pas encore bien connue.. (1 voire 2 %) ; l'histoire naturelle semble montrer une guérison spontanée dans peut-être 85 % des cas…; ces experts pourraient proposer l'homéopathie, le jus de citron, etc…
  • l'analyse dite critique de la littérature : méthode rigoureuse d'analyse des articles, avec des grilles d'analyse ; ils connaissent le guide de la HAS : 'Niveau de preuve et gradation des recommandations de pratique' ;
  • etc…

IHU Raoult

Ces positions montrent des changements de raisonnement surprenants :

  • est-ce la sénilité comme cela explique des positions du Pr L Montagnier sur les vaccins ? NON, je ne crois pas !
  • est-ce une stratégie électorale en montrant que 59 % de la population sait que la chloroquine marche, 20 % qu'elle ne marche pas et 21 % sans opinion…     pour des électeurs, c'est plus facile de parler aux 59 % ;
  • est-ce qu'ils ont remplacé l'analyse des articles scientifiques par celle du Parisien, de la Provence ? L'appel de Douste est piteux.. passons ! Va-t-il faire un référendum pour remplacer les essais cliniques pour le prochain anticancéreux ? Minable !
  • est-ce une politique partisane du Figaro, car la rédaction sait bien que c'est nul ?
  • est-ce l'amour d'une hypothèse comme pour le Pr Even et ses collègues qui avaient observé l'efficacité de la ciclosporine dans le SIDA ? .. ils avaient nui à l'image de la recherche française..
  • est-ce l'amour de Marseille ? est-ce la convenance sociale entre membres du CA de l'IHU de Marseille (image) ?
  • est-ce chercher à se montrer…   car l'argent va venir pour la recherche… je ne crois pas.

La position du Pr André Grimaldi vaut la peine d'être écoutée :  Je propose aux pseudo-experts d'écouter à partir de 5 min 30 l'interview d'A Grimaldi.

Si la chloroquine marche dans les bons essais, tant mieux ; si elle ne marche pas, nous aurons droit au complot contre Raoult qui est tombé amoureux de son hypothèse, aux critiques des lobbies industriels, etc…

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7 commentaires

  • on espère que la même rigueur scientifique sera appliquée au nouveau vaccin contre le SRASCoV2..puisqu’elle n’a pas été appliquée lors de la pandémie H1N1 ..(neurotoxicité du pandemrix avérée dès le début/ BMJ 2018;362:k3948 doi: 10.1136/bmj.k3948 (Published 20 September 2018) et faible mortalité de la maladie..
    d’accord pour ne pas s’emballer mais la rigueur semble être à géométrie variable..par ailleurs, d’accord pour dire que Raoult aurait voulu empêcher l’utilisation de son traitement il n’aurait pas fait mieux..

    Répondre
  • Bonjour
    Merci pour ce billet.
    Le lien vers l article sur l’éthique en situation d urgence ne marche pas, pourriez vous le mettre à jour ?

    Répondre
  • Bonjour,
    pour le lien vers l’article sur l’éthique en situation d’urgence, il s’agit d’un problème avec Université de Toulouse. J’ai signalé
    Cdlmt

    Répondre
  • Bonjour, site intéressant avec des sources, je suis plutôt partisan de l’action du professeur Raoult ( je ne suis pas scientifique ni du corps médical ), agir avec un traitement avec peu de risque, pour objectif la diminution/disparition de la charge virale en attendant des études pour confirmer l’efficacité et recevoir une AMM.
    Je ne crois pas avoir entendu le professeur Raoult dire que son traitement allé guérir ou que son traitement était déjà la référence ( autorisé ) pour traiter le SARS cov 2, mais que c’était une piste et qu’il l’exploité déjà.
    Si je me trompe, je serais vraiment content que vous me sourciez mon erreur.

    Répondre
  • Merci Alexis pour votre commentaire.
    Personne ne sait si le traitement de D Raoult est utile. On ne sait pas si les bénéfices seront supérieurs aux risques connus.
    Au moins trois raisons expliquent les controverses :
    – il existe des méthodes scientifiques, connues, validées qui apporteront la réponse, mais le Pr Raoult ne les reconnait pas ;
    – les débats du Pr Raoult se font par YouTube ou des revues de complaisance, et cela ne permet pas un débat serein avec ré-évaluation de ses données, comme le fait la communauté scientifique. Il ne montre pas ses données originales, données dites ‘sources’ et cela engendre une suspicion de non respect des principes d’intégrité scientifique ;
    – faire des sondages (Le parisien) pour évaluer l’efficacité d’un médicament est honteux et ne respecte pas les régulations pour évaluer un traitement ; cela engendre des risques pour la population.
    Je souhaite qu’un traitement soit découvert, mais les chinois ont commencé avant nous et n’ont pas trouvé.
    Cordialement

    Répondre

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