COVID-19 : le BMJ rappelle que la transparence des données sources n’est pas assez appliquée par les revues (et les Universités ?)

BMJ JuneIl est normal que ce soit le BMJ qui vienne discuter les problèmes du Lancet et du NEJM qui ont rétracté deux articles car les données sources n'étaient pas auditables. Attention, en l'absence d'audit de ces données, nous ne saurons jamais s'il y a eu erreurs honnêtes ou falsification de données… impossible d'accuser sans un audit qu'une institution comme Harvard (premier signataire des articles) devrait faire… mais comme toute bonne université, elle va protéger son image plutôt que faire des démarches en faveur de l'intégrité scientifique.

Le titre de l'éditorial du 9 juin 2020 revient sur des oppositions anciennes entre Lancet et BMJ à propos d'antiviraux, etc… mais discute surtout la politique de mise à disposition des données sources des auteurs d'articles scientifiques. L'éditorial accuse à juste titre NEJM et Lancet de n'avoir pas eu de data sharing statement pour les articles rétractés sur la chloroquine. Et rien n'a changé depuis 10 ans…. '“History is repeating itself,” he told The BMJ. “We warned people back in 2009 about these very same issues of guest authorship, reporting bias, and lack of transparency.” Le BMJ aussi a du mal pour faire signer ces data sharing statement.

Le groupe de Vancouver, en décembre 2013, a évoqué une conservation des données sources pendant 10 ans. Puis entre 2016 et 2018, l'ICMJE a formalisé sa politique, en se basant sur les essais cliniques essentiellement. C'est bien décrit dans un éditorial publié simultanément par 13 revues. Dans les recommandations ICMJE, version française, tout est bien décrit. "A partir du 1er juillet 2018, les manuscrits soumis à des revues ICMJE qui rapportent des résultats d’essais cliniques doivent contenir une déclaration sur le partage des données décrite ci-dessous." en page 15.

Depuis début 2014, les revues du groupe PLOS demandent l'accès aux données sources. Les politiques de 'Data Availibilty' sont bien décrites sur leur site. Une évaluation de 2016 (publiée en 2018) a montré que la politique était insuffisamment suivie. La plupart des revues prestigieuses ont adopté des politiques de transparence des données… mais tout n'est pas bien appliqué !

The BMJ fait de son mieux, et nous avons vu que sur deux essais chloroquine, seule la publication chinoise avait un data sharing statement…  mais entre la déclaration des auteurs et la réalité, des variations existent… The BMJ a trois niveaux pour le data sharing statement.

Les revues font de leur mieux, mais tant que les institutions, universités ne feront rien, ce sera difficile !!!!

PS : si D Raoult avait été transparent sur ses données sources, tout aurait été plus simple…  Il préfère demander la transparence aux autres….

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