Rétractation bizarre : l’endométriose rectovaginale rendrait les femmes plus attractives ! Vrai ou faux !

Endometrisoe atttractivenessQue d'études de faible puissance, sans données probantes, sont publiées par les revues scientifiques. C'est un marché pour les auteurs qui font des carrières, et pour des revues qui doivent vivre ! Toutes ces études rétrospectives apportent des hypothèses, mais jamais de preuves… et nous lisons en permanence ces articles pour en tirer des (fausses) conclusions !

Un article de Fertility and Sterility de 2012 a été rétracté en septembre 2020 à la demande des auteurs, sans explication très claire. Est-ce un nouveau motif pour rétracter ?

Voici la note de rétractation traduite : "Les chercheurs qui ont contribué à cette étude demandent la rétractation de cet article. Nous avons mené l'étude en toute bonne foi et selon une méthodologie correcte. Nous pensons que nos conclusions ont été partiellement mal interprétées, mais nous réalisons en même temps que l'article a pu causer de la détresse à certaines personnes. Le respect des femmes est une priorité pour nous et nous sommes extrêmement désolés du mécontentement que cette publication a suscité".

La lecture de l'article surprend sur le type de recherche…  300 femmes ont été incluses, à partir de 488 femmes dont certaines ont abandonné l'étude pour diverses raisons (parfois car les questions 'sexuelles' les dérangeaint). Donc 3 groupes de 100 femmes : groupe avec endométriose recto-vaginale, groupe avec endométriose péritonéale ou ovarienne, et groupe sans endométriose. Parmi les évaluations, quatre observateurs (2 hommes et 2 femmes) ont évalué l'attractivité de ces 300 femmes sur une échelle de 1 (pas attractive) à 5 (très attractive). Aucun détail sur cette procédure…    Mais le résultat principal était que 31 % des femmes avec endométriose recto-vaginale était 'très attractives ou assez attractives), versus 8 % pour les autres endométrioses et 9 % pour le groupe sans endométriose. Je passe sur quelques évaluations grivoises dans l'article…

Je m'interroge sur l'intérêt de cette recherche et je me demande comment interpréter la rétractation ! Est-ce une recherche qui a été reproduite avec les mêmes résultats ? Combien d'articles similaires mériteraient rétractation ?

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2 commentaires

  • Bonjour.
    Pour avoir travaillé dans un centre expert de la prise en charge chirurgicale de l’endométriose, il faut reconnaître que les patientes de ces chirurgien(ne)s sont généralement de belles femmes. Ce point de vue était partagé par l’ensemble de l’équipe, tant par les personnels féminins que masculins. Les discussions que j’ai pu avoir avec d’autres villes en France confirmaient cette impression, ainsi je ne suis pas surpris de voir émerger cette réflexion.
    Au delà de la discussion légitime sur la méthodologie de la dite étude, je voudrais simplement signaler qu’elle n’est pas dénuée d’intérêt de par le problème qu’elle soulève. Certes, on reconnaît bien là une patte chirurgicale dans la délicatesse du traitement du sujet et on peut la déplorer. Néanmoins, derrière ce sentiment assez unanimement partagé d’attractivité physique des patientes avec des atteintes profondes pourrait se révéler une part de la physiopathologie de la dite maladie. Dans notre société l’attractivité physique est notamment médiée par l’usage adapté et abondant des produits de beauté. Les femmes que l’on considère belles se maquillent beaucoup.
    Or l’usage de cosmétiques n’est pas neutre biologiquement. Ce sont des composés synthétiques complexes. Ces produits contiennent par exemple des perturbateurs endocriniens dans des doses variables. Ces derniers pourraient éventuellement perturber le cycle utérin et favoriser la survenue de l’endométriose pelvienne par refoulement rétrograde plutôt qu’une évacuation antérograde des menstruations.
    Cette hypothèse n’est pas prouvée mais l’observation internationale ou du moins transatlantique de cette attractivité pose question. Je cite une hypothèse évidente mais d’autres facteurs environnementaux pourraient être impliqués. Or, pour bien les identifier il faut décrire la population cible. C’est pourquoi cette étude me paraît beaucoup moins saugrenue qu’il n’y paraît malgré des faiblesses certaines.
    Concernant la rétractation je suppose qu’à l’ère post-#metoo, certains auteurs aient voulu prendre de la distance avec un travail consistant à notes des femmes sur leur physique. On imagine plus vendeur dans un cv pour convaincre un jury de recrutement sensibilisé à ces questions.
    En tout cas je vous remercie pour le travail effectué sur ce blog.

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