La revue Nature (Londres) passe en Open Access pour répondre au plan S, avec des FTA de 9 500 € par article

Le plan S, en Europe, lancé en septembre 2018, demande aux éditeurs de publier avec le modèle Open Access. Les auteurs doivent payer des Frais de Traitement des Articles (FTA), ou APC en anglais, et Nature va demander 9 500 € à l’acceptation dès janvier 2021. L’abonnement doit normalement disparaître et le modèle hybride n’est pas accepté par le plan S. Tous les détails et justifications sont Naturedans une news du 24 novembre 2020 : Nature journals reveal terms of landmark open-access option. Tout est très bien détaillé dans cette news, avec la politique du groupe Springer. Les FTA les plus élevés sont de 5 000 € actuellement et passer à 9 500 € est un calcul probablement raisonné. Ce coût serait expliqué par le fait que Nature évalue plus d’articles que d’autres revues. Le groupe Nature, pour d’autres revues, teste un autre système : soumission et si un premier filtre est passé, payer 2 190 € pour partir en peer-review ; l’évaluation oriente vers une revue du groupe, et un FTA de 2 600 € est demandé à l’acceptation. Au total 4 790 € pour Nature Physics par exemple. Il y a des variations possibles selon les revues du groupe Nature. Il y a plusieurs modèles testés pour les FTA et des deals du groupe Nature avec des allemands. Springer a déjà 600 revues en open access et 2020 revues en hybride (abonnement/paywall et articles en accès libre contre des FTA).

Le même jour, la revue Science (Washington, avec un bureau à Cambrige UK) commente cette position de Nature en citant ces FTA et expliquant que le groupe Nature a dit qu’il couvrait les coûts liés aux rédactions de 32 revues Nature. Ils expliquent que la politique plan S correspond à peu d’articles en disant : One analysis found that 35% of papers published in Nature in 2017 acknowledged support from a Plan S funder. Overall, that analysis—by the Clarivate analytics firm based on its Web of Science database—found that only 6% of all scholarly papers published in 2017 received support from Plan S funders. De bonnes réfelxions sur les risques d’avoir deux sortent de chercheurs, à savoir ceux qui peuvent payer et les autres. Il existe néanmoins des possibilités de discount… Science ne dit rien sur sa politique en terme d’open access, mais le plan S est européen.

Est-ce un prix de marché qui sera suivi par d’autres revues ? Est-ce le prix de la notoriété ? Quand on voit les profits de Frontiers et MDPI, on peut se questionner des dérives de l’Open Access… avec des FTAs qui augmentent de 10 ou 20 % par an !

Penser que les Universités vont développer leurs propres revues pour diminuer des coûts des FTAs est bien, mais je ne suis pas convaincu. Faire une revue scientifique est un métier qui n’est pas dans les Universités, où des coûts cachés ne sont pas pris en compte…. Le métier pour faire une revue comprend 102 tâches pour certains. Les Universités vont arriver à faire des revues, et leurs FTAs virtuels ne seront pas calculés en prenant en compte tous les coûts (seront-ils de plus de 5 000 € ou plus élevés ?)…

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3 commentaires

  • Bonjour,
    J’ai demandé aux membres du Comité de rédaction des European Annals of Otorhinolaryngology Head & Neck Diseases de bien vouloir me donner leur opinion sur ce sujet.
    Tous le rédacteurs (12) de la revue scientifique de la SFORL considèrent que la qualité des réunions du comité de rédaction en non présentiel avec ZOOM est supérieure à celle des réunions anciennement réalisées en présentiel. Il est fort probable que nous continuions de fonctionner ainsi après la fin de la pandémie Covid.
    Voici les points d’amélioration identifiés :
    – Gain de temps (allant pour certains rédacteurs jusqu’à une journée).
    – Meilleur respect de l’ordre du jour.
    – Présentation plus synthétique.
    – Meilleur partage des documents (écrans individuels avec présentation Power Point).
    – Abord plus approfondi des points de discussion.
    – Meilleure écoute (peu d‘interruptions de parole, pas d’apartés).
    – Limitation des digressions.
    – Discussion plus productive.
    – Plus grande fluidité de la réunion.
    – Possibilité de réunion complémentaire à la demande.
    Le seul désavantage, souligné par certains rédacteurs est le fait que l’on ne puisse physiquement se voir.
    Bien cordialement
    Ollivier Laccourreye
    Rédacteur en Chef
    European Annals of Otorhinolaryngology Head & Neck Diseases

    Répondre
  • Bonjour,
    Travaillant au C?RS, il est bien évident que ce montant est insensé.
    Il faut avertir nos directions pour qu’elles essayent d’infléchir ces décisions.
    Cela ressemble beaucoup à une achat de droit à publier. UN vrai scandale!
    PXP

    Répondre

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