Bonne étude qualitative dans le BMJ sur les conflits d’intérêt lors des essais randomisés

En 2016, nous avons commenté un appel de 76 experts en qualitatif demandant au BMJ de publier plus d’études qualitatives. La réponse était : circulez, y’a pas de bonnes études quali soumises au BMJ ! Rien n’a vraiment changé, sauf que parfois le BMJ accepte des études qualitatives. Les revues en général sont très clisonnées, et les revues du segment STM (Science Technologie Médecine) ne publient pas de travaux correspondant aux chercheurs du domaine SHS (Sciences Humaines et Sociales). Et inversement, les revues SHS ne publient peu de données quantitatives. Soumettre une étude qualitative à une revue de santé nécessite de suivre des lignes directrices comme COREQ.Coi Rct

Cette recherche qualitative publiée le 27 octobre 2020 dans le BMJ est un bon exemple de ce que devraient faire les professionnels de santé. L’article est bien construit, avec des verbatims pour illustrer. La méthode est bien décrite, avec le guide d’entretien en annexe, et résumée ainsi :

  • Design Qualitative interview study.
  • Participants Trial researchers who had participated in at least 10 clinical trials with methodological or statistical expertise. Researchers differed by geographical location, educational background, and experience with different types of funders. Interviewees were identified by searches on Web of Science and snowball sampling. 52 trial researchers were approached by email; 20 agreed to be interviewed.
  • Setting Interviews conducted by telephone, recorded, transcribed verbatim, imported to NVivo 12, and analysed by systematic text condensation. Semistructured interviews focused on financial and non-financial conflicts of interest.

Les résultats doivent être lus tranquillement pour comprendre tous les exemples simples de manipulations décrites par les répondants aux interviews. Ils sont groupés en 4 thèmes, et des verbatims bien choisis illustrent les résultats :

  • Influence des conflits d’intérêt sur les essais (tableau 2) : des critères de jugement faciles à mesurer, mais pas pertinents, ouverture d’enveloppes avant randomisation, pas d’accès à la base de donnée pour les investigateurs, spin, refus de publication, ….
  • Management des conflits d’intérêts (tableau 3) : déclarations a priori, management des comités, transparence, exclusion de chercheurs, etc…
  • Définition des conflits d’intérêts : difficile car variations entre les chercheurs, car financiers ou non financiers ;
  • Déclaration des conflits d’intérêts : difficile pour les liens non-financiers, …

Parmi les apports de ce travail, l’un est surprenant et appelle vigilance : ‘Financial conflicts of interest related to non-commercial funders (eg, governmental health agencies with a political agenda) were considered equally or more important than commercial financial conflicts of interest (eg, drug and device companies), but more challenging to report and manage‘.

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