Plutôt que citer des articles rétractés, citez la notice de rétractation d’après PNAS

Les instructions aux auteurs de PNAS ont évolué en ajoutant une phrase : ‘S’il est nécessaire de faire référence à un article rétracté, expliquez pourquoi et citez l’avis de rétractation plutôt struldburgsque la publication originale.‘ Tout ceci est expliqué dans un bon éditorial de May R Berenbaum, rédactrice en chef de PNAS. Son éditorial d’août 2021 a un titre réaliste que je traduis ainsi, après hésitation ‘Sur les zombies, les détritus et autres horreurs de la littérature scientifique.’ Je ne sais pas comment traduire ‘struldbrugs’ en français ! Dans mes deux vieux dictionnaires (Oxford Advanced Leaner’s dictionary, 1995, et The American Heritage Dictionary, 1976), ce mot n’est pas défini. Dans les dictionnaires Anglais-Français, il y a peu de suggestions, dont ‘étrons’, mais j’ai choisi ‘détritus’. Ce commentaire pour dire qu’une rédactrice en chef devrait avoir un langage simple… et employer des mots qui crèent une barrière avec les anglophones seconde langue est irresponsable… alors qu’elle devrait donner l’exemple.

L’éditorial rappelle que la première rétractation date du 24 Juin 1756 dans Philosophical Transactions of the Royal Society, comme expliqué sur RetractionWatch. Elle commente les problématiques liées à la citation d’articles rétractés (en citant la rétractation, ou sans savoir qu’ils ont été rétractés, voire en omettant de dire qu’ils ont été rétractés, etc..). Elle confirme la mauvaise qualité d’articles non rétractés dont on sait qu’ils ne sont pas reproductibles, etc… Rétracter de très mauvais articles, avec toutes les preuves, n’est pas possible alors que ce serait très sain. Par exemple, l’article qui a créé le scandale de l’hydroxychloroquine n’a jamais été rétracté et va augmenter le facteur d’impact d’une revue (commentaire personnel).

D’autres digressions sur la non citation d’articles pendant des années, articles qui parfois deviennent ‘cités’ très tardivement…  c’est le Sleeping Beauty phenomenon qui a été décrit.

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Un commentaire

  • Les Struldbrugs sont les habitants du pays imaginaire de Luggnagg, dans le livre « Les voyages de Gulliver » (1726) de Jonathan Swift. Les Struldbrugs sont immortels mais continuent néanmoins à vieillir. Ils sont déclarés officiellement morts à l’âge de 80 ans et continuent à vivre misérablement aux frais de l’Etat.

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