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IHU de Marseille : la chambre d’enregistrement des décisions prises par le directeur doit réagir vite

Lettre à L Austry, J Defazio, P Douste-Blazy, G Fioraso, G Leonetti, D Maraninchi, J Marescaux, R Muselier, Y Obadia, responsables de la gouvernance de l’IHU.

Avec les 6 représentants des membres fondateurs (AMU, APHM, IRD, SSA, Institut Mérieux, EFS), et deux enseignants chercheurs (JC Lagier, C Devaux), vous êtes les personnes qualifiées qui ont la chance d’administrer le meilleur institut du monde en matière de maladies infectieuses. Comme vous, au début de la pandémie, j’ai imaginé que le monde entier allait nous envier cet IHU. Nous comptons sur vous pour le remettre en ordre de marche. Le seul changement du directeur ne sera pas suffisant.

Un avis du Comité d’éthique du Cnrs a proposé une analyse de la communication scientifique en temps de pandémie. Cet avis du Cnrs est courageux. Quelques phrases des pages 11 et 12 ont peut-être été écrites à votre attention :

Face à l’urgence de trouver des solutions thérapeutiques à la COVID-19, des acteurs de la recherche et du monde médical ont soutenu que l’intuition ou le « bon sens », médical seraient suffisants pour décider de l’efficacité et de la sécurité d’un traitement. Ils ont déclaré être les tenants d’une « éthique du traitement » qui serait opposée à une « éthique de la recherche ». Ce discours a servi la promotion, par Didier Raoult et son équipe de l’IHU de Marseille, du traitement de la COVID-19 par un antipaludéen connu de longue date, l’hydroxychloroquine (HCQ)*. Largement ouvert au public, dans des conditions peu respectueuses des règles de déontologie médicale, le traitement a fait l’objet d’un emballement médiatique et politique alors même que son efficacité sur la COVID-19 ne reposait que sur une étude clinique contestable. Les dérives qui ont accompagné la publication de cette étude dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents ont alerté la communauté scientifique……….   Près de 40 % des articles publiés dans l’International Journal of Antimicrobial Agents depuis sa création en 2013 ont été co-signés par son éditeur en chef, Jean-Marc Rolain, et un, voire plusieurs, membres de l’IHU de Marseille dont Didier Raoult. De tels conflits d’intérêt jettent la suspicion sur la validité de leurs travaux et sont d’autant plus critiquables que cette autopromotion contribue à l’avancement de carrière des auteurs et au financement de leur recherche, tous deux conditionnés par le nombre de leurs publications.

Vous connaissez le rapport IGAS de février 2015 avec 31 recommandations, dont la numéro 27 (page 6) :

La composition et le fonctionnement du conseil d’administration de la fondation ne sont pas adaptés aux enjeux. Le conseil d’administration s’apparente trop à une chambre d’enregistrement des décisions prises par le directeur, fonctions qu’il cumule au demeurant, de manière illicite, avec celles d’administrateur depuis la création de la fondation. Des personnalités qualifiées issues du monde économique et de la valorisation ainsi qu’un trésorier ayant une grande légitimité financière font défaut. Au vu du rayonnement attendu de l’IHU, sa présidence par une personnalité d’envergure nationale serait un atout.

Connaissant certains d’entre vous, je suis à votre disposition pour vous rencontrer. Je suis confiant car vos compétences sont reconnues. Comme l’IGAS, je rêve d’avoir en France le meilleur institut du monde pour les maladies infectieuses et vous pouvez exaucer mon rêve.

Je fais partie des personnes à guillotiner pour nos idées, notre appel n’a pas été entendu.

* Note : l’HCQ n’a jamais été un antipaludéen mais un antirhumatismal, excusons le COMETS.

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