Les essais en homéopathie aussi mauvais que les essais des principaux domaines médicamenteux

Nous avons vu la plupart des biais des essais en général. La littérature est importante, avec par exemple environ 40 publications montrant que pour au moins 50 % des critères de jugement, il y a des différences entre protocoles et publications. Les langages embellissent les résultats. Le seuil de 0,05 est une convention délétère pour la science..  J’arrête. Mais, comme l’a montré E Turner, la situation s’améliore lentement, au moins pour les antidépresseurs.

homéopathieIl n’existait pas de recherche spécifique aux essais dans le domaine de l’homéopathie : c’est fait et les résultats ne sont pas encourageants. Un article a été publié en mars 2022 dans la bonne revue BMJ Evidence-based-medicine avec pour titre : ‘Assessing the magnitude of reporting bias in trials of homeopathy: a cross-sectional study and meta-analysis’.

Les auteurs autrichiens ont travaillé sur 90 essais, avec quelques autres échantillons. Le premier essai enregistré dans ce domaine l’a été en juillet 2003. Ce sont 5 des 25 auteurs contactés qui ont répondu : classique ! Je propose de traduire quelques points et tous les détails sont dans l’article :

Que savait-on déjà sur l’homéopathie ?

  • L’homéopathie étant exempte de la plupart des exigences réglementaires, toute évaluation de son efficacité doit s’appuyer sur des preuves publiées.
  • Entre 2000 et 2013, seuls 46 % des essais contrôlés randomisés (ECR) enregistrés sur l’homéopathie ont été publiés.
  • La proportion d’ECR publiés mais non enregistrés était inconnue.

Quelles sont les données nouvelles ?

  • Une grande partie des essais sur l’homéopathie ne sont pas publiés (38 %) ou ne sont pas enregistrés (53 %).
  • 25 % des essais enregistrés ont modifié ou changé le critère primaire de jugement dans la publication.
  • Les essais d’homéopathie non enregistrés ont tendance à avoir des effets de traitement plus importants que les essais enregistrés.

Quels impacts sur la pratique clinique ?

  • Les cliniciens doivent être conscients que les essais d’homéopathie publiés ne représentent qu’une partie des recherches et que les résultats de ces essais sont généralement positifs.
  • Les estimations de l’effet des méta-analyses des essais d’homéopathie peuvent surestimer considérablement le véritable effet thérapeutique des médicaments homéopathiques et doivent être interprétées avec prudence.

Lien de désintérêt : avec honte, j’avoue que mes petites filles ont le truc de la photo, et je ne peux rien faire.. C’est dur.

Merci à Clémentine Laurens

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4 commentaires

  • Bonjour,

    Il n’y a pas de honte à avoir à quelque chose contre lequel on ne peut rien me semble-t-il. Pour ma part j’ai (un peu) honte de l’exaspération que suscitent chez moi les antivax, adeptes de l’homéopathie, de la naturopathie etc. dans mon entourage…

    Cordialement,

    Olivier

    Répondre
  • Bonjour,

    Qu’entendez-vous exactement par des « ECR enregistrés » ? Sur le web ? Via les agences ?

    D’avance merci pour votre réponse,
    Jérôme

    Répondre
  • Bonjour,

    Il me semble que la réponse est là « Two persons independently searched Clinicaltrials.gov, the EU Clinical Trials Register and the International Clinical Trials Registry Platform up to April 2019 to identify registered homeopathy trials. ».

    Cordialement,

    Olivier

    Répondre
  • MERCI pour vos commentaires
    ECR les essais contrôlés randomisés devraient tous avoir un protocole, et ce protocole doit être déposé dans un registre ouvert à tous avant l’inclusion du premier malade. Certains sont enregistrés avec retard et d’autres jamais enregistrés : méfiance
    Cordialement

    Répondre

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