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Un marseillais publie dans sa revue un hommage à l’hydroxychloroquine et à l’IHU de Marseille

Avertissement :

La plupart de mes collègues marseillais sont de bons professionnels, mais…

Je voudrais simplement attirer l’attention sur un dysfonctionnement du système des publications à propos d’un article dans la revue ‘Journal of Market Access & Health Policy’ qui a un taux jmaph2d’acceptation de 88 % des articles soumis. L’article ‘Commentary on “Hydroxychloroquine and azithromycin as a treatment of COVID-19: results of an open label non-randomized clinical trial” by Gautret et al‘ a été publié dans le volume 8 de la revue le 13 mai 2020, avec pour objectif de défendre becs et ongles la publication des premiers malades soi-disant guéris de la COVID-19 par l’hydroxychloroquine à l’IHU de Marseille. Cet article de Gautret et al aurait dû être rétracté si le système des publications était contrôlé !

L’article de 8 pages a 45 références, a été publié deux mois après l’article de Gautret et al. Cet L’article de ‘Journal of Market Access & Health Policy’ est bizarre (voir résumé copié ci dessous) car il dit que l’article de Gautret est nul (The study has a number of limitations…), mais que l’hydroxychloroquine est efficace (None of these observations is of nature to reverse the conclusions). L’article est de piètre qualité, et l’auteur a oublié de déclarer ses liens d’intérêts :

  • Le premier auteur est le rédacteur en chef de la revue dans laquelle il publie… et ce n’est pas un lien d’intérêt ! Il signe Aix Marseille University ! A-t-il réellement payé les 1 365 € pour l’accès doré de l’article ? A-t-il écrit l’article ? Combien a-t-il payé pour le faire écrire ?
  • L’article a été publié très vite après celui de Gautret et al, ce qui suppose que le peer review a été rapide (s’il a été fait) et complaisant ; les articles du rédacteur en chef sont acceptés, circulez !
  • Cet auteur oublie de signaler un lien d’intérêt : il a fondé une SARL (c’est dans son adresse de l’article) de conseil pharmaceutique au Luxembourg. Bravo car cette société marche, et on peut être CEO d’une société qui annonce 370 employés et en même temps professeur de santé publique à Marseille.
  • Le managing editor de la revue est à l’Université Claude Bernard Lyon 1
  • Fantastique car quelques français sont dans l’editorial board, dont une représentante de la HAS (je pense que la HAS ne cautionne pas… mais…).  Est-ce que le board cautionne des articles très mauvais ? OUI..  La plupart sont des gens bien…  ils ferment les yeux. Voici les membres du board avec une adresse en France :
    • Dávid Dankó, University of Claude Bernard Lyon I, France
    • Gérard Duru, University of Lyon I, France
    • Clément François, Aix-Marseille University, France
    • Chantal Guilhaume, HAS, France
    • Nicholas Moore, Pharmacology Department, University of Bordeaux 2, France
    • Christelle Saint Sardos, Sanofi Pasteur, France
  • Parfois, des collègues me demandent pourquoi les revues publient des trucs de ce type ! En regardant la revue, vous aurez la solution. Le comité de rédaction est probablement aux ordres du rédacteur en chef, ou non informé…
  • C’est bon pour la notoriété de l’Université d’Aix Marseille !

J’ai traduit le résumé : Les résultats d’un essai clinique comparant l’hydroxychloroquine avec ou sans azithromycine à la norme de soins pour le traitement du COVID-19 ont été récemment publiés par Philippe Gautret et al. Cette étude fournit des résultats remarquables pour la combinaison de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine par rapport à la norme de soins, mais les preuves ont été jugées insuffisamment robustes pour justifier une décision de santé publique visant à élargir l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour le traitement du COVID-19. Nous fournissons une revue critique scientifique de la publication de Gautret et al., plaçons les résultats dans le contexte des connaissances actuelles, fournissons une évaluation de la validité des résultats (d’un point de vue méthodologique), et discutons des implications pour la santé publique. L’étude présente un certain nombre de limites, notamment la petite taille de l’échantillon, le manque de comparabilité entre les patients du bras de traitement actif et ceux du bras de contrôle, l’absence d’insu, l’utilisation d’analyses intermédiaires sans contrôle du risque d’erreur de type 1, l’utilisation d’analyses dans la population per-protocole au lieu de la population en intention de traiter, et des incohérences entre le protocole de l’étude et l’article. Cependant, aucune de ces observations n’est de nature à renverser les conclusions. L’étude apporte des connaissances utiles et cohérentes avec les preuves disponibles et la pratique clinique en Chine et en Corée du Sud, ce qui aurait pu inciter à une prise de décision politique plus rapide.

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3 commentaires

  • Incroyable :il analyse les défauts de cette » publication » qui sont absolument majeurs, comme toutes les publications de l’IHU sur ce sujet ( je les ai bien étudiées) et il conclue qu’elles ne peuvent renverser la conclusion en faveur de l’HCQ . Il prend les lecteurs pour des débiles !

    Répondre
  • Encore un bulletin paroissial contrôlé de Marseille.. Il faudrait alerter l’HAS qui par une adresse sur le comité de rédaction pourrait cautionner la revue, alors que je suis persuadé que ce n’est pas le cas
    Merci pour vos remarques…

    Répondre

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