Les corrections de la littérature sont insuffisantes et surviennent tardivement

Je suis bien d’accord avec cette perspective publiée dans PLOS Biology  début mars 2022 : Correction of scientific literature: Too little, too late!. Les auteurs (L Besançon, E Bik, J Heathers, G Meyerowitz-Katz) proposent 8 idées pour améliorer la situation. Ce sont de bonnes suggestions, mais qui les mettra en oeuvre.. ne désespérons pas. Ces huit propositions sont dans la Box 1. Approaches to destigmatize and speed up the scientific correction process :

  1. Les mises en garde doivent être publiées très vite par les revues, dès qu’une alerte existe ;
  2. Les recommandations de COPE devraient fixer une limite de temps (90 jours par exemple) pour répondre aux mises en garde ;
  3. Le peer-review ouvert ou après la publication devrait mieux être reconnu lors des promotions ou des financements des recherches ;
  4. Une culture de recherche et correction des erreurs devrait être favorisée ; les institutions et reveus devraient mieux considérer les rétractations ;
  5. Les avis de rétractation ou de correction pourraient être liés aux chercheurs qui ont initialement exprimé des doutes, avec un DOI ;
  6. Les pages web des revues devraient être directement liées aux discussions sur PubPeer plutôt que de dépendre de l’utilisation d’un plug-in externe ;
  7. Le DOI permet la coexistence de versions concurrentes de documents et devrait être adopté afin de permettre une correction facile et rapide des articles lorsque cela est nécessaire ;
  8. Les critiques non diffamatoires au sujet d’un article devraient bénéficier d’une protection juridique explicite et payée (par exemple, par les institutions ou sociétés professionnelles) contre les menaces émises par les auteurs critiqués ou leurs institutions.

Ce point 8 concerne probablement les attaques de DR contre E Bik et B Barbour. Ces propositions sont raisonnables, mais tant que les institutions cacheront, retarderont les enquêtes, protègeront leurs pairs, les revues ne pourront pas agir. Les revues ne peuvent pas décider sans une preuve écrite, soit des auteurs, soit des institutions. Les relations entre revues et institutions ne sont pas bonnes, et les recommandations CLUE n’ont pas eu d’effet depuis 2017….. Pour avancer, il faudrait que des représentants des institutions aient le pouvoir de discuter avec les représentants des revues.. Un rêve.

Un point me gêne dans cet article à propos des rétractations des articles NEJM et Lancet sur les traitements médicamenteux de la COVID-19. Ces recherches ont utilisé la base de données de la société Surgisphere analysant les résultats de l’hydroxychloroquine dans la COVID-19. Ce n’est pas uniquement dans cet article qu’il y a des affirmations du type ‘a database that later turned out not to exist‘. Je suis d’accord avec la rétractation dont le motif était l’impossibilité de vérifier les données sources. A-t-on la preuve que la base de données n’a pas existé ? NON ! Les auteurs font référence à un article qui ne dit pas cela. Le problème de l’article du Lancet, c’est que les résultats étaient probablement conformes aux données de la science, mais qu’ils sont arrivés trop tôt. Affirmer sans preuve que les données n’ont pas existé contribue à propager des dogmes qui seront repris longtemps, sauf si une correction est faite.

Ces mêmes articles seraient publiés en 2022… que se passerait-il ? Que Surgisphere ait attiré des critiques, c’est bien normal. L’accessibilité des données devrait être contrôlée avant l’acceptation des manuscrits… nous en sommes loin pour la plupart des revues.

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