Proscrire l’utilisation des facteurs d’impact des revues (Académie des sciences)

En 10 ans, tout avance car l’Académie des sciences a été un précurseur (janvier 2011) pour le bon usage de la bibliométrie pour l’évaluation individuelle des chercheurs. L’Académie n’est pas seule, mais changer les comportements est long et utiliser la science ouverte pour cela est une bonne idée, sauf que l’on avait pas besoin de la science ouverte pour commencer plus tôt. Dans un communiqué d’octobre 2022, l’Académie des sciences publie un avis de 2 pages intitulé : Critères pour une évaluation transparente et rigoureuse des chercheurs et de leurs équipes.

C’est bien mais la mise en pratique sera difficile. Il y a 15 points et j’en reprends 6 ci-dessous :

1) Donner la priorité à l’évaluation qualitative à partir (i) d’un récit narratif (ii) d’un choix de 5 à 10 publications (chercheurs juniors ou seniors) dont le message principal et la nouveauté sont explicités en quelques lignes ;

3) N’utiliser les données bibliométriques que de façon contextualisée et robuste, en regard de l‘analyse qualitative réalisée au préalable. Proscrire l’utilisation des impacts facteurs des journaux ; (note HM : c’est facteurs d’impact en français) ;

6) Proscrire la bureaucratie et le jargon administratif et financier souvent peu compréhensible ;

7) Favoriser une évaluation qui tienne compte de parcours atypiques et originaux, intégrer les circonstances spécifiques de vie à un niveau approprié, et encourager la mobilité public/privé et privé/public ;

11) Donner la priorité à la constitution de jurys de qualité, dépourvus de conflits d’intérêt et avec une composante internationale qui doit devenir la règle ;cacadémie 2

12) S’assurer que le jury dispose d’un degré de connaissance suffisant du contexte associé à l’évaluation et lui demander d’être aussi explicite et factuel que possible dans la présentation de son rapport ;

Ma carrière a été partagée entre le public et le privé : c’est génial… mais je préfère ne pas évoquer certains commentaires, voire discriminations…   la communauté n’est pas toujours prête aux mobilités public/privé et inversement.

Dans l’évaluation, il y a deux partenaires : le candidat et le jury ! C’est bien de penser à toiletter certains jurys !!!!

Merci à TheMetaNews

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2 commentaires

  • Alors là, je suis sur le cul (comme on dit dans un registre semi-vulgaire), je n’attendais pas ça de la part de l’Académie des sciences. Franchement, c’est le meilleur des meilleurs documents que j’ai eu l’occasion de lire en 25 ans au sujet du problème (très) complexe de l’évaluation. Je pense que la simple application des critères 1, 2 et 3 serait suffisante pour changer la face de la Recherche (avec un grand R). D’autres recommandations sont encore difficiles à mettre en place (4, 6, 11 par exemple), mais ça serait super d’y travailler. Et ce qui est étonnant (mais pas tellement, quand on y réfléchit un peu), c’est que les mêmes critères s’appliquent aux individus, aux équipes, aux projets, aux prix…
    Même si mon avis n’a aucun impact, je félicite le comité « Evaluation et Science Ouverte » pour son travail.
    Le document est disponible en anglais; il faut absolument le diffuser:
    https://www.academie-sciences.fr/en/Advice-Notes-and-Reports/criteria-for-a-transparent-and-rigorous-evaluation-of-the-researchers-and-their-research-teams.html

    Répondre
  • Moi aussi, je suis sur le cul.. Oui, nos avis ont peu d’impact, mais j’ai peur que l’avis de l’Académie des sciences ait peu d’impact.. à voir
    Merci pour le commentaire

    Répondre

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