Ce livre, publié par FIRST éditions, est bienvenu pour alerter les citoyens sur ce qui est caché, à savoir les risques médicamenteux. En 240 pages, des arguments avec citation des sources, c’est facile à lire.
Un message important pour la santé publique, malheureusement ignoré
Rien de neuf depuis Molière, Le Malade imaginaire, 1673, cité en page 37 de ce livre, dont je cite un extrait : ‘Que faire quand on est malade ? Rien… presque tous les hommes meurent de leurs remèdes, et non pas de leurs maladies‘.
Lecteurs de ce blog, vous connaissez ces messages de surconsommation de médicaments, alors que les indicateurs de 
Ce livre illustre les biais de la décision en matière de mise sur le marché d’un nouveau médicament et de son prix. Autour de la table pour décider, il y a trois acteurs : les experts scientifiques, les industries pharmaceutiques et les organismes publics de régulation. Les régulateurs sont à la solde du politique qui tient compte des avis des patients (dont les associations sont supportées par les industries). Dans ce billiard à trois, pour décider, il en faut deux contre un : devinez qui perd !
De bons messages, comme celui de faire confiance à certaines revues médicales, comme le BMJ, plutôt qu’aux bras armés de l’industrie comme le NEJM. Des pages exposent les hypothèses probablement réalistes qui disent que la plupart des résultats publiés sont faux, y compris pour les médicaments… et de plus seule une partie des résultats des essais cliniques sont publiquement disponibles !
Et je retiens en page 212 une : ‘Pour conclure, nous avons eu le regret de réfuter, dans ce livre, trois idées reçues.
- Primo : l’industrie pharmaceutique (ou des « sciences de la vie ») se consacre à venir en aide à l’humanité.
- Secundo : les régulateurs sont là pour nous protéger.
- Tertio : tous les médecins savent prescrire à bon escient. »
Pour l’instant, dans un environnement de désinformation, l’information lucide reste une voie pour sortir de la gabegie sanitaire, scientifique et économique.
Les auteurs : A Denoyel et P Selley, avec préface d’Eric Caumes
Nous avons présenté en 2021 un ouvrage d’Ariane Denoyel ‘Génération Zombie‘ sur le scandale des antidépresseurs. Le livre Overdose est, comme le précédent, bien écrit. Cela permet une vulgarisation auprès du public qui manque d’informations de ce type. Cette fois-ci, Ariane Denoyel, journaliste indépendante, est associée à un médecin généraliste anglais, Peter Selley, qui a pu apporter son expérience. Association originale mais gagnante. Ce livre est très bien référencé avec 405 notes qui apportent les sources indispensables pour bien comprendre.
Le Pr Eric Caumes a rédigé une préface sage dont je cite : « Ce livre est important tellement il est devenu difficile d’alerter et de remettre certains dogmes en question. Il contribuera à l’impérieuse nécessité de réveiller les consciences, de sensibiliser les autorités et de revoir l’enseignement de nos précieux étudiants en médecine, pour éveiller leur sens critique et mieux les former à la pratique de la bonne médecine, à l’évaluation objective de la recherche et à l’usage raisonné du médicament« . Ceci rejoint mes observations quand je forme des internes en médecine à la rédaction.. car ils n’ont pas tous un esprit critique… No comment.
Sous format électronique, ce livre coûte 14 €.
Je remercie A Denoyel de m’avoir cité dans ce livre.



5 commentaires
Domaine fascinant mais compliqué, dans la mesure où d’un autre côté certains médicaments sauvent parfois des vies. Comme par exemple le vaccin de la rougeole, comme on en voit la démonstration en ce moment au texas… de plus ce sont en général les gens malades qui sont traités, et qui comme par hasard meurent plus. Il faut comparer ce qui est comparable, donc à maladie égale. Il ne faut pas comparer la prise d’ains à la non prise, mais à des médicaments utilisés dans les mêmes indications, en l’occurrence le paracetamol. Où sont ces comparaisons?
Et l’accusation de cas individuels (anecdotes) est fascinant mais très incertain. Entre deux antipsychotiques, dont l’un est peut être associé à des arrhythmies, mais moins de suicides, les morts subites seront déclarées, mais pas les gens qui ne se suicident pas (meme problème probablement pour les antidépresseurs…). Les cas individuels sont des alertes, mais vivent les essais cliniques et la pharmacoépidémiologie!
Bon…
La thèse est connue.
« Il y a quelque chose de pourri dans le système et sans médicaments, tout irait tellement mieux (cf. La citation de Molière).
Alors, certes, le système n’est pas parfait, mais il a le mérite d’être constitué de pouvoirs et de contre pouvoirs qui jouent souvent leur jeu, et à qui il arrive de dysfonctionner.
Que dire de toute de la santé « naturelle, alternative » et autres compléments qui manipulent sans contrôle les tests et publications…
Non.
Le système doit être reformé quand des anomalies sont claires, il ne s’agit pas de le jeter pour autant. Le bébé est dans l’eau du bain…
– Le professeur Even dénonce « la mafia » de l’industrie pharmaceutique dans un livre.
A 82 ans, retraité depuis 2000 et interdit de pratiquer la médecine depuis 2014, il dénonce dans un nouvel ouvrage, Corruptions et crédulité en médecine (éd. Le Cherche-Midi), les dérives d’un milieu qu’il juge corrompu…
https://www.20minutes.fr/sante/1684687-20150911-professeur-even-denonce-mafia-industrie-pharmaceutique-livre
20 Minutes, le 11 septembre 2015.
– Richard Horton, rédacteur en chef du Lancet :
The case against science is straightforward: much of the scientific literature, perhaps half, may simply be untrue.
https://www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736(15)60696-1.pdf
The Lancet. Vol 385 – April 11, 2015.
– Dr Marcia Angell, ancienne rédactrice en chef du NEJM : « Il n’est plus possible de croire à la plupart des recherches cliniques publiées.
NEJM editor: “No longer possible to believe much of clinical research published”
https://www.diversehealthservices.com/services/blog/nejm-editor-no-longer-possible-to-believe-much-of-clinical-research-published_ae4.html
Scandale des opiacés : le principal accusé Purdue Pharma va devoir régler 7,4 milliards de dollars.
Le fabricant de l’OxyContin a une responsabilité centrale dans la crise des opiacés, qui a fait plus de 700.000 morts aux Etats-Unis entre 1999 et 2022… Et le laboratoire Purdue y occupe une responsabilité « centrale », selon la Cour suprême, pour avoir, des années durant, vendu l’OxyContin, son anti-douleur phare, en minimisant ses effets addictifs…
https://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/scandale-des-opiaces-le-principal-accuse-purdue-pharma-va-devoir-regler-74-milliards-de-dollars-2144431
Les Echos, le 23 janvier 2025.
Merci pour tous ces commentaires… et en pratique, d’autres scandales sont en préparation ! Les agences ne peuvent rien faire