C’est une revue narrative publiée dans Eur J Clin Investigation en avril 2025 par des auteurs qualifiés. Le titre ‘Biases and debiasing in policy decision-making’. L’article fait le point sur ces nombreux biais qui polluent les dédisions en matière de santé publique.
Un état des lieux qui ne surprend pas
Les biais peuvent être classés selon deux axes relatifs à la perception du risque et à la perception de l’efficacité de l’intervention : minimiser le risque (par exemple, déni de la crise), maximiser le risque (par exemple, panique morale), minimiser l’efficacité de l’intervention (par exemple, anti-médecine, anti-gouvernement) et maximiser l’efficacité (par exemple, lobbying en faveur des médicaments). Je reproduis ci-dessous un schéma de l’article qui résume ces problèmes. Cette figure est simple et met en évidence aussi le fait que nous sommes tous concernés par des biais. De nombreux biais sont décrits : biais de sélection, erreurs de mesure, biais de confusion, données manquantes, etc.. Croire que connaître les biais peut nous préserver des conséquences est une erreur.

Peut-on agir ?
Ce n’est pas évident… car les savoirs méthodologiques des décideurs ne sont pas suffisants en matière de recherche, de science. Le concept de données probantes n’est pas toujours compris.
In conclusion, biases and errors are common in policy decision- making. We have highlighted the most common biases and have outlined when and why they are more likely to occur. We have also offered suggestions on how to debias and thereby improve policy decision- making. However, just being aware of these potential biases and errors and even knowing how to avoid them, while a step forward, may not be enough. Ideally, policymakers should be more extensively trained to not only use reliable decision support systems, but also to learn ways in which to avoid those fallacies.



2 commentaires
Bien sûr que oui : on peut réduire dans toute décision publique l’effet des biais cognitifs et procéduraux (ce qui ne comprend malheureusement ni les biais politiques et idéologiques, ni le bruit statistique).
Voir par exemple (dans « Noise », justement) ce que Kahneman a retiré de sa longue expérience professionnelle de conseil auprès d’institutions judiciaires et d’entreprises.
Ce qu’il faut, c’est bien distinguer les trois composantes de la décision :
1. l’expertise : les experts doivent être diversifiés, leur moindre lien d’intérêt en rapport avec la question doit être minutieusement étudié et pris en compte, et surtout ils ne doivent pas contribuer à la décision ;
2. le choix décisionnel : il relève de décideurs qui assument seuls la totale responsabilité des questions posées aux experts, et surtout de leur verdict justifié par des attendus ;
3. l’organisation du processus : elle doit être effectuée par de purs méthodologistes, non spécialistes du sujet mais surtout professionnels compétents en statistique, en science cognitive et en encadrement d’expertise.
Voilà qui est trop rarement mené à bien (croyez moi, j’ai essayé…).
Bonjour
c’est simplement dit MERCI
Cdlmt