COVID-19 : La Vague de Renaud Piarroux ou mettre en place des stratégies de lutte pour casser les chaines de contamination

PiarrouxCe livre apporte des réflexions pertinentes sur la gestion de la pandémie causée par le virus SARS-CoV-2. Le Pr Renaud Piarroux est un expert des épidémies et son livre sur le choléragate était un polar passionnant. Dans cet ouvrage publié par CNRS EDITIONS, l’auteur relate son travail pendant cette pandémie. C’est un livre constructif, même s’il est clair que des erreurs ont été observées. Il rejoint des réflexions du livre du Professeur Eric Caumes, ET les deux livres sont plutôt complémentaires que redondants. Ce sont des visions proches, mais vécues différemment.

Ancien marseillais, R Piarroux est le mieux placé pour commenter les dérives du Trump marseillais. Il analyse en détail et très bien toutes les péripéties liées aux recherches de traitements. Cet éclairage est utile, même quand quelques pseudo-experts croient encore que le savon de Marseille traite la COVID-19.

Les chapitres sont courts, faciles à lire, que ce soit’ l’annonce faite à Martin’ (Hirsch, DG de l’AP-HP), ‘Pourquoi tant de hâte ?’ (sur la précipitation des marseillais avec l’hydroxychloroquine), ‘Surgisphere » sur les données d’une étude rétractée par The Lancet,  ‘Liens d’intérêt’ décrivant le péché d’avoir participé à une réunion supportée par une industrie pharmaceutique qui a déclaré 63 € sur le site transparence. Vous lirez avec plaisir des chapitres sur Haïti, sur la Guyane, sur Covisan, sur une lettre du directeur de l’Assurance maladie (N Revel) sans commentaires… dans le chapitre ‘Tout se monnaye’…

Bonne idée d’avoir confiée une postface intitulée ‘La science au temps de la Covid’ à Stanislas Rebaudet, médecin de santé publique travaillant à Marseille. Il apporte de bonnes réflexions. Je reprends des extraits d’un paragraphe de la page 210 « Son livre l’illustre amplement, nous sommes bien loin d’un monde utopique où la science serait produite par des chercheurs désintéressés, oeuvrant pour le bien commun dans le cadre d’une saine concurrence…  La Covid-19 est un immense rendez-vous manqué. Jamais les sciences biomédicales n’ont suscité autant d’intérêt et d’attentes de la part de nos concitoyens inquiets. Pourtant les scandales et querelles scientifiques….    » PASSIONNANT, allez lire… et c’est un cadeau de Noël.

PS : J’ai rencontré R Piarroux quand il m’a expliqué le choléra en Haïti

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2 commentaires

  • Bonjour,
    Je note dans la courte présentation du livre par son éditeur ceci : « Il nous dévoile ici toute la richesse de l’épidémiologie : collecter les informations pertinentes et les analyser,…. suivre l’actualité scientifique et discerner, parmi les études, celles dont les résultats sont fiables des autres. »
    Tout cela est bel et bon sur le papier.
    Et qu’est-ce qu’il a dit R. Piarroux à propos du Redemsivir ? On ne sait pas [dans le livre peut-être ?]. Fiona Godlee, rappelant le précédent du Tamiflu, pointe pourtant, que dès le 29 avril des doutes sérieux pouvaient être émis (ce qui a été depuis largement confirmé). Et pourtant…
    https://www.bmj.com/content/bmj/371/bmj.m4701.full.pdf
    Richard Horton lui-même vire-t-il complotiste ? Il n’y a pas de pandémie Covid (?) mais (ouf,il y a bien quelquechose) une syndémie. Et figurez-vous que Horton fait ici usage d’un concept forgé par …un anthropologue de la santé !
    Hihi !
    Par tous les saints, rassurez-vous, il ne s’agit pas de …celui dont on doit taire le nom, mais d’un certain Merrill Singer.
    https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32000-6/fulltext
    Le changement de président des États-Unis, qui n’est pas encore effectif, et dont la réalisation peut occasionner de désagréables surprises, a sans doute contribué à apaiser le débat (?) : https://33charts.com/john-snow-memo/

    Répondre
  • Bonjour,
    L’année 2020 se termine comme elle n’avait pas commencée, c’est-à-dire dans une plus grande incertitude de l’avenir immédiat. Elle fut marquée par la crise COVID, mais aussi par la constatation croissante de notre dépendance économique vis-à-vis notamment de l’Extrême-Orient et des GAFA nord-américaines. Cette situation a entrainé une crise économique qui nous a obligé à augmenter notre recours à l’emprunt. Elle a entrainé des difficultés pour de nombreuses entreprises, notamment les plus petites. Le chômage en sera sans doute augmenté, conduisant certains étudiants à accepter des emplois pour lesquels ils sont surqualifiés. Enfin, certains scientifiques et politiques ont porté le discrédit sur leurs connaissances ou sur leur capacité à les mettre au service de leurs semblables. Ceci explique en partie les hésitations de nombreux Français devant les vaccins qui leur sont proposés.

    La dernière épidémie virale vaincue par un vaccin remonte aux années 1950, quand la poliomyélite a provoqué des paralysies chez des enfants et de jeunes adultes. Son caractère épidémique avait été mis en évidence par le chirurgien lyonnais M. Cordier en 1888 qui avait réalisé une étude rétrospective (1). L’infection était inapparente trois fois sur quatre. Les enfants payaient un lourd tribut, avec des paralysies respiratoires mortelles dans 5 à 10% des cas et des paralysies séquellaires handicapant à vie des milliers de victimes. Les premiers services de réanimation avaient été créés à cette occasion en Scandinavie afin de faire bénéficier les patients de la ventilation artificielle. C’est le 2 octobre 1953 que fut pratiquée dans le service du Professeur Paul Sédaillan à l’Hôpital de la Croix-Rousse la première trachéotomie pour ventilation artificielle. Quatre étudiants en médecine de Lyon (Dejour, Prenat, Saint-Pierre et Giroud) se succèdent pour ventiler manuellement avec succès pendant 10 jours un patient atteint de paralysie respiratoire. Un second patient eu moins de chance, mais une deuxième épidémie en 1955 permit de conforter la méthode, d’autant que l’apparition des respirateurs Engstrom en Suède, Rhône-Poulenc et Vincent-Jandot en France, et Dragër en Allemagne en augmentera l’efficience.

    La crise COVID a généré une évolution similaire, avec les mêmes mécanismes de résilience reposant sur la réactivité des hôpitaux et des acteurs de santé, sur le renforcement des mesures d’hygiène (les poliovirus sont principalement présents dans les selles mais aussi dans la gorge des personnes infectées, alors que le SARS-CoV-2 est principalement présent dans les narines et les selles) et surtout la vaccination. En France, la vaccination contre la poliomyélite est obligatoire depuis 1964. Le vaccin est très efficace et permet une protection dès la deuxième injection. Ceci a fait disparaître non pas le virus de la poliomyélite, mais la maladie.

    Il faut espérer que les efforts déployés par les scientifiques pour mettre au point et tester les vaccins anti-COVID ne seront pas obérés par les refus de se faire vacciner en 2021, alors que les pays pauvres devront attendre 2022 pour en bénéficier.

    Avec tous mes vœux de santé pour la nouvelle année !

    Référence :
    1. http://www1.chu-montpellier.fr/fr/vaccination/histoire-des-epidemieset-de-la-vaccination/la-poliomyelite/

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