Dysfonctionnement du bulletin paroissial IJAA qui enrichit l’IHU de Marseille

Merci à Julien Hernandez qui a attiré mon attention sur le dysfonctionnement de IJAA, bulletin contrôlé par l’IHU de Marseille.

International Journal of Antimicrobial Agents (IJAA) est l’un des bulletins paroissiaux contrôlés par l’IHU. Le rédacteur en chef est JM Rolain, assisté de Sophie Baron, tous deux à Marseille. Le comité de rédaction comporte 78 membres…  et la plupart doivent travailller pour ce bulletin. Sur le comité, parmi les 36 rédacteurs, il y a 3 français : P Colson et JC Lagier de l’IHU, et B Pradines de Brétigny-sur-Orge. Parmi les 41 membres du comité éditorial international, il y a une française : E Bergogne-Berezin. C’est bizarre parmi tous les infectiologues, microbiologistes prestigieux que nous avons en France, très peu collaborent à ce bulletin qui appartient à une société savante internationale (International Society of Antimicrobial Chemotherapy, ISAC). Avec un facteur d’impact de 5,3, il va prochainement être du niveau du NEJM grâce à un article de mars 2020 cité près de 5000 fois (octobre 2021). Cet article a été analysé par un épidémiologiste hollandais ainsi ‘cette étude souffre d’importantes lacunes méthodologiques qui la rendent presque, voire totalement, peu informative… le ton du rapport, ……, est non seulement infondé, mais…….., totalement irresponsable’. Si ce bulletin était correctement géré, cet article aurait dû être rétractée ! Cet article de mars 2020 a été traité rapidement par IJAA : réception, sélection des relecteurs, retours vers les auteurs, modifications éventuelles des auteurs, mise en ligne ont été faits en moins de 48 heures : incroyable pour un mauvais article faisant croire que l’hydroxychloroquine était efficace dans la COVID.

Que nous apprend Julien Hernandez ? Son article est détaillé, didactique. IJAA a publié un article d’une équipe brésilienne avec 4 fois plus de malades et la conclusion : ‘Cet essai clinique randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, évaluant des patients ambulatoires atteints de COVID-19 précoce et léger, a montré que les taux de clairance virale dans une période de 9 jours à partir de l’inclusion n’ont pas changé avec le traitement HCQ/AZT par rapport au placebo, bien qu’aucun événement cardiovasculaire majeur n’ait été observé chez les participants sans comorbidités. Les critères de jugement secondaires n’ont pas non plus été significativement améliorés par le traitement HCQ/AZT par rapport au placebo. Ces résultats ne soutiennent pas l’utilisation de l’HCQ/AZT dans ce contexte.’

Cet article montrant l’inefficacité de l’HCQ/AZT dans la COVID a été soumis à IJAA le 3 novembre 2020 et accepté le 13 août 2021. Pour l’évaluation, les échanges avec les auteurs, etc… il a fallu 7,5 mois, alors que toutes les revues veulent publier très vite les articles COVID-19 !

Que penser du fonctionnement de IJAA ? Article irresponsable en faveur HCQ/AZT publié en quelques heures versus bon article montrant l’absence d’efficacité HCQ/AZT publié en 7,5 mois ! Qui peut croire que ce bulletin travaille correctement, à part D Raoult ?

Julien Hernandez, qui fait partie des journalistes courageux, a contacté le rédacteur en chef… sans réponse !

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