L’IHU n’oublie pas de publier dans des revues douteuses (1), voire complotistes ?

Les pratiques de publications de l’IHU de Marseille posent problèmes. Nous avons déjà apporté des remarques sur certains articles. Ils étaient pour la plupart publiés dans des revues légitimes, car les bulletins paroissiaux publiés par Elsevier sont légitimes (NMNI; et IJAA, revue qui ne pratique pas la rétractation).  Deux observations sont intéressantes (aujourd’hui pour l’une et demain pour l’autre) :

Le Pr Didier Raoult a tweeté le 27 septembre 2021 pour faire la pub d’un nouveau recyclage de données. Cet article sur une maladie infectieuses a été soumis le 10 août, accepté le 30, sur le traitement HCQ/AZT dans la COVID-19 et il a été publié dans une revue de cardiologie ! Il y a 39 auteurs de Marseille, dont des membres du CA de l’IHU. Les critiques de cet article sur PubPeer sont majeures, et sans réponse de l’IHU. Plus de 10 000 malades alors que l’on apprend à l’IHU que les grandes études ne servent à rien !

Que penser de la revue ‘Reviews in Cardiovascular Medicine’ ? Elle publie depuis toujours de la cardiologie. Pourquoi une revue de cardiologie publie des articles hors de la cardiologie ? ETONNANT ! NON. Cette revue est publiée par un groupe imrpress qui a 6 revues.

Cette revue affiche deux adresses prestigieuses en Asie (adresses à Hong Kong et Singapore), mais ce sont des leurres. La revue essaye de faire un peu de peer review. La revue ‘Reviews in CV Medicine’ a probablement été vendue il y a quelques années à imrpress qui a boosté les articles. Depuis octobre 2017, le domaine irmpress est traçé en Chine (Zhejiang Province). Sur le site de imrpress, si on recherche les vieux numéros de la revue Journal of Integrative Neuroscience, la redirection est vers un ancien éditeur World Scientific. Tout ceci caractérise des business troubles de reventes de revues entre éditeurs troubles. Les sites sont très mal foutus…. Depuis 2018, le nombre d’articles publiés double chaque année. Les décisions sont prises en 6 semaines environ, ce qui est bien. C’est une revue, anciennement légitime, s’approche lentement des revues prédatrices. Les auteurs payent de 1260 à 1950 $ et le taux d’acceptation doit être très très élevé. Elle est indexée dans des bases documentaires.

Cette revue a été créée en 1999 à New York par un groupe MedReviews LLC dont le site n’est plus actif, mais qui existe sur LinkedIn. Celui qui a enregistré le domaine en a plus de 100. Ne pas confondre avec MedReview LLC (sans le s) et bien d’autres… L’ISSN remonterait à 2019, enregistré à Hong Kong, ce qui correspond au changement de maquette… En 2000 et en partie 2001, 1re et 2e années de la revue, les pdf n’ont aucune info sur un éditeur commercial, juste son titre Reviews in Cardiovascular Medicine. De 2002 à 2017 inclus, nous avons la mention © 20xx MedReviews®, LLC, et ce n’est qu’en 2018 que IMRPress apparait sur le fichier pdf.

Le rédacteur en chef s’appelle Peter A. McCullough (il a 83 articles comme auteur dans SA revue). Il est en Arizona et est le président de la Cardio Renal Society of America. Il serait rédacteur en chef de Cardiorenal Medicine d’après son ORCID, mais il n’est plus sur le site de Cardiorenal Medicine dont le rédacteur est Claudio Ronco, Vicenza, Italie (ne pas confondre avec Federico Ronco, Venise, Italie, co-rédacteur de Reviews in CV Medicine). Peter McCullough est un comploteur reconnu, notamment dans la COVID-19. L’agence France Presse nous a mis en garde contre ce comploteur : le 7 avril 2021 ; le 17 juillet 2021. Il a signé un éditorial flatteur (accepté en 1 jour) sur l’article de l’IHU dans Reviews in CV Medicine. Sur PubPeer, vous verrez les commentaires sur cet édito, dont des liens d’intérêts des co-auteurs avec des industries faisant des essais avec l’hydroxychloroquine.

  • Le comité de rédaction est pléthorique, avec 128 cardiologues provenant des pays suivants : Italie (37), USA (35), Allemagne (8), Canada (6), Grèce (5), Hongrie (4), Royaume Uni (4), Espagne (4), Japon (3), deux pour Hollande, Belgique, Chine et Israël, et un pour France (Luc Rochette), Brésil, Taiwan, Danemark, Corée, Mozambique, Arabie Saoudite, Suède, Australie, Argentine, Inde, Pologne Russie, Serbie, République Tchèque.
  • Il y a un comité de 233 relecteurs... dont 5 français. Je les ai contactés, et l’un est d’accord avec mon analyse et se questionne fortement… deux semblent fiers de cautionner, et deux n’ont pas répondu !Sont-ils un peu naïfs, ce qui est un problème.
  • Donc 361 experts s’occupent d’une centaine d’articles ! Fantastique. Ce sont probablement des fantômes pour la plupart.

Je remercie Luc Rochette, membre français du comité de rédaction, avec lequel j’ai échangé des informations. Il pense que cette revue est encore légitime. Son affiliation est : Emeritus Professor Research Team of Physiopathologie et Epidémiologie Cérébro-Cardiovasculaires (PEC2, EA 7460), Faculté des Sciences de Santé, Université de Bourgogne-Franche Comté, 21000 Dijon, France. Il m’a informé qu’il était Guest Editor d’une revue du groupe MDPI. Je lui propose d’arrêter ces collaborations, d’autant plus que MDPI est un groupe ayant délocalisé la plupart de ses activités en Chine, et que certains jugent être un groupe prédateur. Je comprends sa position et laisse le lecteur juger.

La dynamique des articles est la suivante : 2002 : 92 ; 2003 : 105 ; 2004 : 54 ; 2005 : 50 ; 2006 : 30 ; 2007 : 78 ; 2008 : 38 ; 2009 : 54 ; 2010 : 47 ; 2011 : 49 ; 2012 : 39 ; 2013 : 8 ; 2014 : 50 ; 2015 : 36 ; 2016 : 22 ; 2017 : 29 ; 2018 : 6 ; 2019 : 44 ; 2020 : 58 ; 2021 (3 trimestres) : 135…   l’année 2021 est une année exceptionnelle, comme le prouve le nombre de pages publiées par an, et qui est accessible ici : en comparant 3 trimestres, ce sont 197 pages en 2019, 487 en 2020 et 1072 en 2021. La stratégie a donc changé… et il s’agit de gagner de l’argent avec une revue qui a son public depuis bientôt 20 ans.

C’est complexe car de bons articles ont probablement été publiés par Reviews in CV Medicine.

Je remercie les deux experts qui m’ont aidé pour ces informations.

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