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Le retour de Nicolas Guéguen : encore 5 articles retirés de la littérature… dans la discrétion ?

Points clés

Nous avons évoqué en 2020 le cas d’un chercheur en sciences du comportement à l’Université de Bretagne Sud. RetractionWatch avait détaillé ce cas en 2020, et de nouvelles informations ont été décrites dans un autre billet en 2022 !

Un cas bizarre : des rétractations mais l’Université de Bretagne Sud est muette

En 2020, nous avons évoqué ce cas. Nous avions observé la lenteur des investigations locales, et le fait qu’avec plus de 300 articles…  des découvertes seraient possibles. Ce chercheur ne semble par collaborer car il n’a pas répondu aux demandes de la revue. Je n’ai pas les rapports d’investigation de l’Université et le site de cette université ne semble pas loquace sur ce cas (sauf erreur de ma part)… En 2019, l’Université n’avait pas trouvé de trucs à redire et le dossier était vide. En 2025, se passe-t-il quelque chose dans cette Université ?

Il y a un malaise car de nouvelles rétractations avec des motifs inquiétants nécessitent de revoir le dossier. Est-ce que ce chercheur est protégé ? Les premières alertes de 2017 ont été signées par Nick Brown et James Heathers, ce dernier prenant la responsabilité du Medical Evidence Project évoqué le 12 juin sur ce blog.

Sur RetractionWatch, au 8 mars 2025, il y a 23 articles fléchés, dont 14 mises en garde et 9 rétractations. C’est pas mal pour un français. C’est moins que DR qui est, sur l’échelle de RW, le 15ème chercheur au monde ayant eu le plus de rétractations d’articles (avec 42 ce jour).

Cinq nouvelles rétractations en 2025

C’est le journal ‘Perceptual and Motor Skills‘ qui vient de retirer de la littérature 5 articles publiés entre 2002 et 2009. pmsD’après RW et le journal, l’auteur est aux abonnés absents. Il n’a pas le temps de répondre car il doit écrire d’autres articles. Est-ce aussi le cas de son Université ?

La notice de rétractation explique que ces décisions ont été prises après considérations de remarques faites par des lanceurs d’alerte qui sont connus. Le notice cite les sources mais ne mentionne pas de contact avec l’Université concernée ? Il y a 4 raisons évoquées dans la notice de rétractation qui ne mentionne pas de rapport de l’Université de Bretagne Sud.. ETONNANT. Il semble exister de bonnes raisons de rétracter ces articles car les méthodes et données posent question.. mais une des raisons n’est pas habituelle : Antiquated reference lists ! Comment l’interpréter ?

La Société Française de Psychologie a été alertée, mais les informations sont rares sur son site

Traduction de la notice de rétractation :

(a) Imprécision des méthodes de recherche : Les modèles d’étude ont été élaborés dans un format qui nécessiterait beaucoup de temps et un travail intensif qui ne correspond pas de manière réaliste aux descriptions des méthodes des auteurs, ce qui rend la confiance dans le fait que les modèles d’étude ont été mis en œuvre tels qu’ils ont été décrits très faible.
(b) Absence de déclarations d’approbation éthique claires et/ou de consentement éclairé des participants : Comme il ne s’agissait pas d’observations naturalistes, l’approbation de l’IRB et le consentement des sujets auraient dû être demandés ; pourtant, tous ces articles sauf deux (Gueguen, 2007 ; Gueguen & Lamy, 2009) ne contiennent pas de déclaration concernant l’approbation éthique ou attestant de la réception d’un consentement éclairé. Les deux articles (Gueguen, 2007 ; Gueguen & Lamy, 2009) qui font état d’une approbation éthique ne mentionnent que l’examen par un « comité d’éthique du laboratoire », ce qui n’a pas pu être vérifié.
(c) Préoccupations relatives à la fidélité des données dans les analyses et les présentations de données : En ce qui concerne la plausibilité des méthodes de recherche, la plupart des données figurant dans ces articles ne sont pas plausibles ou ont été analysées de manière incorrecte. Par exemple, les expressions du chi carré ont été calculées dans plusieurs articles avec des valeurs de résultats incorrectes (Gueguen & Lamy, 2009 ; Joule & Gueguen, 2007). Dans d’autres articles (Gueguen et al., 2002, 2008), la présentation des résultats publiés ne permettait pas de les reproduire.
(d) Listes de référence obsolètes : La littérature citée dans ces articles était, en moyenne, antérieure de 10 à 20 ans aux publications des auteurs.

PS : j’ai demandé des informations au référent intégrité de l’Université. Je le remercie pour son aimable réponse : ‘J’ai transmis votre demande à la présidence car je ne suis pas habilité à communiquer sur les dossiers.’ Je ne sais pas si l’intégrité scientifique intéresse le président. Le connaissez-vous ?

PS du 28 juin : je remercie le chef du cabinet du président de l’UBS qui m’a répondu correctement le 20 juin. L’UBS prend à coeur de s’occuper d’intégrité scientifique. Le dossier ‘Guéguen’ a été soldé avec une relaxe en 2019. Les rétractations sont des décisions d’éditeurs qui ne regardent pas les universités ! Je fais seulement remarquer que, sans investigations locales des universités, les éditeurs ne peuvent pas travailler correctement. En résumé : Circulez, il n’y a rien à voir’.

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2 commentaires

  • Vous ne dévoilez pas, cher ami, les préoccupations scientifiques (esthétiques) de ce chercheur ! C’est lui qui a montré que les femmes à la poitrine avantageuse sont plus courtisées que les autres… doi: 10.1016/j.bodyim.2007.06.006.
    Quant au préposé à l’intégrité scientifique, comme tous ses pairs, il sert d’idiot utile (Le mot est de Csaba Szabo – je ne me permettrais pas d’insulter ces valeureux personnages !)

    Répondre
  • Merci à Jacques Robert pour la référence.. j’aurai regretté de ne pas avoir lu cet article..

    Répondre

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