COVID-19 : les anglais (BMJ et Lancet) reviennent dans la compétition en montrant que hydroxychloroquine ne marche pas

Deux articles dans le BMJ n'ont pas montré d'efficacité de l'hydroxychloroquine… puis The Lancet…  mais attendons encore des résultats d'autres essais randomisés. Ces deux articles BMJ ont été déposés sous forme de préprints le même jour, 14 avril 2020, sur medRxiv, et publiés le même jour (14 mai). Ce sont des essais académiques. Le travail du BMJ est tout autre que le travail des bulletins paroissiaux…   

Une étude observationnelle comparative d'origine française.  Un preprint a été déposé le 14 avril dans medRxiv. Le BMJ pratique un peer review ouvert, et il est passionnant d'aller lire les commentaires des 3 relecteurs (dont deux statisticiens) et de voir le travail important des Captureauteurs dans des délais incroyables. Article soumis au BMJ le 15 avril, avis des 3 relecteurs et du comité de rédaction BMJ le 23 avril, réponse et V2 des auteurs le 29 avril (14 pages de réponses BRAVO), avis de 2 des 3 relecteurs et du comité de rédaction du BMJ le 1 mai, réponse des auteurs et V3 le 3 mai, accepté le 5 mai et publié en ligne le 14 mai après editing, contrôle qualité etc… La lecture des avis montre l'excellent apport du peer review et le travail monstrueux de tous les acteurs. Le titre a été modifié entre preprint et article… en enlevant dans le titre : 'no evidence', et 'emulate' que les relecteurs n'ont pas aimé. je préfère le titre initial des auteurs, mais il va peut-être trop loin. Les auteurs ont un peu changé… car 4 auteurs ont été ajoutés entre preprint et article, et un a changé de position. Ceci témoigne de quelques jeux dont nous ne connaîtrons pas les circonstances, sans prendre en compte les recommandations de l'AP-HP sur les auteurs. Cet article a été qualifié de 'possible scientific misconduct' par l'agité de Marseille !! Il y a 5 commentaires en ligne (25 mai) pour lesquels les réponses des auteurs seraient bienvenues.

Un essai randomisé contrôlé ouvert d'origine chinoise. Cet article a eu un preprint déposé le 14 avril dans medRxiv, avec 27 cTangommentaires (20 mai), et une deuxième version du preprint déposée le 7 mai, avec 25 commentaires (20 mai). Les auteurs sont les mêmes. Le titre de l'article a ajouté que les malades étaient 'mild to moderate'. De manière surprenante, sans explication convaincante, les avis des relecteurs ne sont pas disponibles ! L'article a été accepté les 6 mai, et publié en ligne le 14 mai. L'article a un supplément électronique de 398 pages avec le protocole et autres documents de l'étude. Donne l'impression d'un bon travail fait exclusivement par des chercheurs chinois. Sur le BMJ, il y a 10 commentaires (25 mai).

Est arrivé, par surprise un article du Lancet le 22 mai avec 96 000 malades ! La méthodologie est connue, à partir d'une base existante, utilisée en cardiovasculaire. Les résultats sont importants… soyons prudents, car ce n'est pas un essai contrôlé. The Lancet ne donne pas la date de soumission, ni la date d'acceptation, ni les noms des relecteurs ; The Lancet n'est pas transparent car les avis, même anonymisés, des relecteurs ne sont pas disponibles. The Lancet ne permet pas aux lecteurs de commenter en ligne…. Un bon éditorial écrit par deux français (Pr C Funck-Brentano et JE Salem) accompagne cet article de Harvard. Article et éditorial sont très bien écrits… la classe ! Mais les FAKE NEWS pour le démonter sont incroyables, Ph Douste Blazy en première ligne !!!! 

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6 commentaires

  • Il est peut-être excessif de qualifier de « fake news » les réticences concernant la publication du Lancet, qui n’est pas une étude clinique, mais une revue rétrospective dans une base de données assez mal caractérisée.

    Répondre
  • Comme dit dans les commentaires précédents, l’article du Lancet est très surprenant. L’opacité sur les « 96.000 » malades est totale. 671 centres dans 6 continents,les pays participants ne sont pas cités ! (encore moins les hôpitaux).Et non la méthodologie n’est pas connue, 4 auteurs sortir une étude avec des données mondiales, sérieusement ?? La France a-t-elle participé, mystère.
    Je vous invite à lire le lien suivant, les données au moins sur l’Australie semblent difficilement cohérente, ils auraient inclus l’ensemble des décès sur seulement 5 centres participant
    https://statmodeling.stat.columbia.edu/2020/05/25/hydroxychloroquine-update/
    La population utilisé comme contrôle semble trop jeune et avec une trop bonne saturation pour être des hospitalisés Covid.
    Les méthodes stat ne sont pas du tout transparente.
    Ils se sont affranchis d’un éventuel comité d’éthique.
    Incompréhensible que le Lancet publie ça tel quel, quand on voit les conséquences politiques immédiates qu’a ce papier (suspension des essais HCQ par l’OM en France..)

    Répondre
  • Bonjour,
    merci pour les commentaires. La méthode dans The Lancet est bien décrite, et c’est une société de Chicago qui entretient cette base de données. Cette base, à visée cardiovasculaire, n’a pas été créée pour cette étude. Ces méthodes ont été utilisées pour montrer les effets du Médiator, à partir des bases de l’Assurance maladie Voir https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/pds.2044
    Il serait bien si les données de l’Assurance maladie étaient analysées de la même façon….
    Pour ces analyses, il n’y a pas besoin de comité d’éthique. Il est probable que les patients ne s’opposent pas à l’utilisation de ces données quand ils sont hospitalisés.
    Il y a 50 hôpitaux en Europe, et la liste des hôpitaux n’est pas donnée. IL faut des hôpitaux avec des EHR (Electronic Health Records), et je suspecte que tous les dossiers sont en anglais. IL faudrait demander à Surgisphere qui a fait les analyses https://surgisphere.com/
    J’avais vu ces commentaires de statmodeling et c’est à considérer. Ce genre de base a énormément d’hétérogénéité… Fréquent, mais les multiples analyses statistiques doivent en principe corriger certains biais. Il faut être prudent. Il faudra des lettres et réponses dans The Lancet. Les auteurs ont bien décrit les limites….
    La méthode est connue, mais ce n’est pas du niveau d’un essai randomisé comparatif… sauf que les nombres importants ont permis des hypothèses assez rapides. L’étude ne peux pas conclure sur l’efficacité, mais les effets indésirables sont inquiétants, d’autant plus que c’est une base cardiovasculaire adaptée pour cela.
    Il me parait normal que The Lancet publie… et ce genre de méthodologie se voit dans toutes les grandes revues. C’est justifié dans ce cas. Sinon, une autre grande revue aurait pris très vite..
    Prudence sur l’efficacité, mais confiance pour les risques.
    Pour les fake news, j’ai un billet demain…
    MERCI

    Répondre
  • https://melwy.com/blog/lancet-paper-on-chloroquine-is-overhyped-real-world-data-should-not-be-a-black-box
    Notamment :
    In this Lancet piece, I identified 3 flaws:
    No reproducibility
    No data traceability
    No review transparency
    only one person was responsible for data acquisition: Sapan S Desai. How could he curate a huge dataset of 96 032 patients alone, so quickly? Is his company Surgisphere magical? Surgisphere only has 6 employees on LinkedIn. That’s insane.Surgisphere claims to be “a leader in healthcare data analytics”, but their LinkedIn posts only have 1 like (a self-like!), and their oldest post is 2-months old. This bold and shady company seems a bit early-stage for leadership claims. It’s not the Google of health data.
    https://defyccc.com/anti-hcq-paper-in-the-lancet-uses-fabricated-data/
    Surgisphere Corporation
    Surgisphere’s website does not display its directors or executives, other than its founder-CEO Sapan S Desai (SSD) (About)
    The website surgisphere.com is excluded from Archive.org – a sure sign that the company does not want people to know what it looked like in the past.
    SSD worked in Surgisphere only part-time until February 2020, according to his profile in LinkedIn. His last full-time position was “Full-time clinical vascular surgeon, Medical Director of Surgical Quality, and Director of CME at Northwest Community Hospital” in Arlington Heights, IL
    LinkedIn also shows profiles of four other employees. The three employees visible to me were hired in February 2020 or later. All of them live in different areas of the USA.
    The address of Surgisphere is a private house in Palatine, IL, probably SSD’s home. (Buzzfile)
    Surgisphere is not listed as a tenant at the address listed on its websites (875 N Michigan Ave, 31st Floor, Chicago, IL 60611)
    In other words, Surgisphere Corporation existed mostly on paper, until February 2020, when its founder decided to cash out on the COVID-19 epidemic. Its software and services are vaporware.

    Répondre
  • Bonjour
    ces commentaires sur Surgisphere sont recevables. j’ai aussi cherché à qui appartenait cette société près de Chicago… En vain.
    Est-ce que cela remet en cause la méthode ? Je n’ai pas d’arguments pour répondre.
    Cdlmt

    Répondre

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