girafe

La banalisation du plagiat est dangereuse : c’est une fraude !

Le plagiat académique, quand j’en parle avec des collègues, est banalisé. Pourtant il existe de très nombreux guides, ou chartes, et les Universités traquent les étudiants plagieurs.

Le COMETS (Comité d’éthique du Cnrs) a publié un avis  en juin 2017 qui commence ainsi : ‘Le plagiat dans la recherche scientifique consiste principalement en une appropriation frauduleuse de textes ou de résultats d’autrui. Il est considéré comme une fraude par les codes internationaux au même titre que la fabrication ou la falsification des résultats et des données. Tandis que ces dernières entravent la construction progressive des fondements sur lesquels repose la science, le plagiat porte avant tout atteinte aux chercheurs dont les écrits et les travaux sont repris, sans référence explicite. La perception de sa gravité varie selon les cultures et selon les disciplines, qui pourtant y sont toutes sujettes. Le plagiat constitue une atteinte sérieuse à l’intégrité scientifique1et affecte les relations de confiance au sein de la communauté scientifique et entre les scientifiques et les citoyens.’

La charte éthique et déontologique des facultés de médecine et d’odontologie évoque le plagiat. En haut de la page 7, il y a : ‘Le plagiat, créant une inégalité de fait, lèse le plagié, l’institution du plagieur, la communauté scientifique et/ou pédagogique et le public, en exposant celui-ci à des dommages liés à un vol et un mésusage. Dans le cadre de la prévention du plagiat, les facultés s’engagent à former leurs étudiants et universitaires sur le risque de plagiat. L’utilisation de logiciels de détection de similitudes pour les thèses et mémoires doit être systématique.’

Dans le livre de Michèle Bergadaà, il y a une typologie des plagieurs (manipulateur, fraudeur, bricoleur, tricheur) et les 10 conséquences du plagiat :

  1. le plagiat est un vol d’une création originale ;
  2. le plagieur s’inscrit en faux vis-à-vis du droit fondamental du lecteur ;
  3. le plagiat porte atteinte au droit ultérieur de l’auteur à publier ;
  4. le plagiat vide le sens d’une oeuvre ;
  5. le plagiat est une fraude vis-à-vis du système ;
  6. le plagiat incite à la recherche bâclée ;
  7. le plagiat provoque un dysfonctionnement des revues scientifiques ;
  8. le plagiat inhibe des chercheurs compétents ;
  9. un comportement plagiaire porte atteinte à l’image de nos établissements ;
  10. la lutte anti-plagiat coûte cher.

Dans  certains pays, ce genre de méconduite peut poser des problèmes de carrière… voire de démission. En 2014, le président de l’Université Libre de Bruxelles a dû démissionner pour un plagiat dans un discours. Des ministres ont dû démissionner pour plagiat : en Espagne en 2018, et il y a 10 ans déjà en Allemagne. Une ministre de l’éducation a démissionné pour plagiat, 30 ans après son PhD !

La tolérance est-elle française ? Par exemple :

  • l’affaire Rigaux à Grenoble n’a pas conduit à des sanctions ;
  • Mme Marchal-Sixou, odontologiste à Toulouse, a pris un poste universitaire au détriment d’un autre candidat, grâce à sa thèse d’éthique plagiée et couverte par un ponte de l’éthique et de l’intégrité ; il s’agissait d’une thèse de complaisance, et ceux qui ne sont pas d’accord devraient lire le dossier plutôt que nier ; condamnée en première instance, relaxée en appel…. Même le président de l’Université René Descartes n’a pas pû faire condamner ce plagiat !
  • sur le blog de JN Darde : La tolérance au plagiat, une valeur de l’Université française ?
  • et d’autres….

L’auto-plagiat est aussi une fraude. Pas mal de cas en France !!! Certains expliquent qu’ils sont obligés de republier leurs articles, sans mentionner la source car ce sont les revues qui veulent !!! Il existe des règles ICMJE pour republier un article afin d’éviter l’auto-plagiat (voir pages 10 et 11 de la version française de 2019) : il y a 6 conditions pour justifier une publication secondaire. Des auto-plagiats sont tolérés… et ne conduisent pas à des rétractations. Les revues ne disent rien….

Je vous dirai lundi pourquoi j’ai choisi cette image de girafe libre de droits.

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