Comment faire rétracter un article qualifié d’irresponsable ? Le cas Macchiarini devrait nous aider pour les articles falsifiés de l’IHU de Marseille

La lecture du BMJ du 2 mars 2022 nous confirme qu’il est parfois très difficile de faire rétracter des articles par des revues. Une lettre appelle à rétracter un article du Lancet de 2008 concernant les greffes de trachée de Maccharini et al : Time to retract Lancet paper on tissue engineered trachea transplants

Ce chercheur est un fraudeur qui a déjà 6 articles rétractés, qui a été licencié en 2016 du prestigieux Karolinska Institute en Suède, et qui a été condamné à 16 mois de prison en Italie en 2019. Un autre procès aura lieu en Suède en 2022.

C’est Leonid Schneider qui a le mieux décrit ces méconduites ayant conduit à la mort de 8 des 18 macchiarinimalades ayant eu une greffe de trachée avec des implants biologiques ou synthétiques. Sur son blog, il y a tous les détails avec des photos et documents cliniques. Ce cas est scandaleux…  mais il y a des protections diverses.

Sur la base de RetractionWatch, il y a 8 rétractations pour Machiarini et collaborateurs, dont des articles du Lancet et d’autres revues prestigieuses. Il y a eu de nombreux billets sur RetractionWatch pour suivre toutes ces rétractations. Mais un des articles initiaux de 2008 n’a pas été rétracté, et The Lancet a ignoré des alertes. C’est pourquoi, Leonid Schneider et collègues, dont Raphaël Lévy de Université Sorbonne Paris Nord et Inserm, ont publié une lettre dans The Bmj qui a accepté de la publier le 2 mars 2022.

L’article de 2008, intitulé ‘Clinical transplantation of tissue-engineered airway’ présente une greffe à partir d’une trachée humaine et dit ‘The graft immediately provided the recipient with a functional airway, improved her quality of life, and had a normal appearance and mechanical properties at 4 months.’ En pratique, des preuves ont montré qu’à 3 semaines, il avait fallu implanter un stent car il y avait un ‘homograft collapse’. The Lancet a dit considéré ces alertes en 2019, et quelques échanges sont dans la lettre du BMJ. Tout est bien détaillé dans cette lettre du BMJ.

Les corrections de la littérature ne fonctionnent pas bien. Des suggestions ont été proposées dans un court article de PLOS Biology le 3 mars 2022 : The Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) pandemic has highlighted the limitations of the current scientific publication system, in which serious post-publication concerns are often addressed too slowly to be effective. In this Perspective, we offer suggestions to improve academia’s willingness and ability to correct errors in an appropriate time frame.

Ce n’est pas la première fois que The Bmj accuse The Lancet (les deux revues sont à Londres, autrefois à deux blocs d’écart) : Tamiflu, Wakefield, PACE trial, etc… Une longue amitié et animosité entre les rédacteurs de ces deux revues prestigieuses.

Cette lettre est un exemple pour continuer le combat afin d’obtenir la rétractation de l’article scandaleux qui a précipité le monde COVID dans le scandale hydroxychloroquine. Compte tenu que le rédacteur en chef de IJAA qui a publié l’article est un salarié de l’IHU de Marseille, il devrait logiquement s’opposer à la rétractation… mais le temps joue contre lui… Il faut publier une lettre dans une revue prestigieuses pour alerter… Mais est-ce que ce sera suffisant ? D’autant plus qu’il y a eu plus de 8 morts avec l’hydroxychloroquine !

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2 commentaires

  • Merci Hervé…
    Plusieurs problèmes avec les articles frauduleux de l’IIHU.
    1. Écrire à l’éditorial board ne suffira pas. Les boards des principaux journaux paroissiaux dans lesquels publie DR sont verrouillés par ses professeurs
    2. Écrire à l’UNIVAMU est l’assurance d’un enterrement 1ere classe du dossier. Le Pr PJ Weiller « référent intégrité » de cette université est médecin et co-auteur de plusieurs articles avec DR
    3. L’OFIS est une coquille vide, comme je l’avais pressenti dès sa création et à eu le bon goût de prévoir dans ses statuts de ne pouvoir s’autosaisir. Dans un milieu où l’omerta est la règle.
    4. L’Ordre des Médecins…non, rien
    5. Le parquet de Marseille a déjà classé sans suite en moins de 24h une première plainte concernant le 1er papier chloroquine. En moins de 24h. Comme un reviewing de l’IJAA
    6. Quand il y a eu des velléités de rétraction par la société savante, DR a envoyé son armée d’avocats pour faire pression sur Elsevier, les enjoignant à ne pas retracter…
    C’est insoluble…mais je ne vous apprend rien…

    Répondre
  • Bonsoir,
    Bien d’accord… J’ai la même analyse. L’OMERTA est immense… Effectivement, le référent intégrité de Marseille devrait démissionner, car dans le décret de décembre 2021 sur l’intégrité, il y a la mission suivantes pour les référents intégrité : Veiller à ce que les données et publications affectées par le manquement aux exigences de l’intégrité scientifique soient signalées aux parties concernées

    Mon billet sur ce décret https://www.redactionmedicale.fr/2022/01/decret-de-decembre-2021-sur-lintegrite-scientifique-une-bonne-avancee

    Merci pour ce commentaire, mais ne lâchons pas l’affaire !

    Répondre

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