SIGAPS/MERRI : « ils gardent le pognon quand même, oui c’est dingue »

Billet d’hier : Le nombre de citations et les facteurs d’impact des revues ne rendent pas compte de certains indicateurs de la qualité de la recherche en sciences du comportement et du cerveau.

Je me permets de reprendre un tweet du 6 septembre 2022 pour titre de ce billet pour évoquer le système SIGAPS. C’est cette manne de plus d’un milliard d’euros distribuée annuellement en fonction des publications des personnels des établissements de santé (ES). Mes nombreux billets sur SIGAPS n’ont aucune prétention de convaincre les responsables de la DGOS et leurs conseillers. Ce sont de honnêtes gens ! Cette T2A bibliométrique est censée couvrir les dépenses de recherche des ES, ce qui est une idée géniale. Se baser sur le volume des publications et la notoriété des revues pour allouer des ressources est une position aussi intenable que zimbabweeceux qui allument des centrales à charbon en se disant favorables au développement durable !!! Pourquoi ?

  1. Le rapport de la cour des comptes de 2018 a détaillé les problèmes, et il est probablement resté lettre morte ! Relisez ce rapport que j’ai brièvement commenté. Je cite une phrase du rapport : Cette règle permet aux CHU de s’attribuer l’ensemble des publications des chercheurs INSERM et CNRS qui disposent d’un contrat d’interface, à partir du moment où ceux-ci sont salariés de l’établissement de santé.
  2. Depuis 2004, les règles SIGAPS changent périodiquement, si bien qu’en 2022, il faut être super intelligent pour comprendre les calculs…
  3. Utiliser SIGAPS va à l’encontre de toutes les recommandations possibles : Académie des sciences en janvier 2011, DORA en décembre 2012, rapports étrangers très nombreux et surtout tous les plans pour la Science ouverte, dont l’Appel de Paris en 2022 ; il faut du courage pour aller contre la tempête qui explique qu’évaluer la recherche sur un volume de publications, et la notoriété des revues est une erreur !!!
  4. Le pire qui a inspiré le titre du billet : Les recherches invalidées, les articles rétractés ont permis d’avoir des crédits MERRI acquis pour toujours. Il serait logique, simple de demander de rembourser ces crédits lorsque des articles sont rétractés… TABOU ? Les exemples sont nombreux d’allocation à des articles ensuite rétractés….
  5. Le pire du pire : il existe une commission auprès de la DGOS pour faire évoluer SIGAPS…  les nouvelles orientations vont contribuer à diminuer les collaborations (contraire aux recommandations pour une science ouverte), et vont progressivement exclure les ES non CHU… L’objectif des têtes pensantes est de déplacer les allocations d’euros vers les (quelques ?) CHU !!! Vous avez le droit de croire que seuls les CHU sont intelligents et innovateurs… c’est en partie vrai…  mais rappelons-nous que la coelioscopie a été inventée hors CHU, dans une petite clinique, et sans les SIGAPS !
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